L’expansion commerciale de la Chine, qui s’est accélérée depuis son accession à l’OMC en 2001, a diminué le poids de l’Union européenne (UE) dans le commerce mondial et la Chine s’est imposée comme premier partenaire commercial de dizaines de pays devant l’UE. Bien que cette dernière reste le principal partenaire des économies non européennes de la région Méditerranée, on peut voir une forte croissance de la Chine dans les importations de la région et le lancement des nouvelles routes de la soie dont l’Égypte et la Turquie sont bénéficiaires pourrait renforcer ce phénomène. La montée en puissance commerciale chinoise est-elle problématique pour la diplomatie économique de l’UE et pour ses firmes dans la Méditerranée ? L’étude portera sur les pays riverains de la Méditerranée non membres de l’UE et situés hors d’Europe à savoir l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, Israël, la Libye, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. Cela correspond au groupe original de pays engagés dans le processus de Barcelone lancé en 1995 et membres du partenariat commercial Euro-Méditerranéen (Euro-Mediterranean Partnership) dit Euromed lancé par l’UE (la Libye ayant été incluse plus tard) . Le Liban et les territoires palestiniens ont été exclus de l’analyse, car il s’agit d’entités qui n’ont généralement pas pu disposer de l’entièreté des prérogatives économiques d’un État souverain, notamment sur le plan du commerce, des investissements du fait de l’ingérence de puissances étrangères et de longues périodes d’occupation militaire. L’analyse de ce groupe de pays permettra de mettre en évidence des caractéristiques spécifiques qui peuvent contribuer à expliquer la pénétration commerciale chinoise au sein de ces économies.
Defraigne, J.-C. (2019). La suprématie de l’UE en Méditerranée face à la Chine. Monde Chinois : nouvelle Asie, 2019/2(58), 102-120. https://doi.org/10.3917/mochi.058.0102 (Original work published 2019)