Une allocation universelle - un revenu inconditionnel payé à chaque citoyen - ne pourra être instaurée que si elle est largement perçue comme juste, équitable, éthiquement acceptable. Mais elle a peu de chance d'être ainsi perçue si les considérations éthiques auxquels on se réfère pour l'évaluer sont celles qui sous-tendent la justification de l'Etat-Providence dans ses formes présentes, même les plus généreuses. Elle n'a de sérieuses chances d'apparaître comme légitime que s'il existe une conception éthique qui dépasse les régistres de l'assurance et de la solidarité tout en étant, à la réflexion, hautement plausible. En quoi cette conception consiste-t-elle? En quoi se distingue-t-elle des conceptions éthiques qui confèrent leur légitimité aux formes existantes de l'Etat-providence? Quelle configuration de transferts sociaux justifie-t-elle?
Van Parijs, P. (2006). Au delà de la solidarité. les fondements éthiques de l’Etat-Providence et de son dépassement. In S. Paugam (ed.), Repenser la solidarité. L’apport des sciences sociales. (p. p. 125-146). P.U.F. https://hdl.handle.net/2078.5/157045