Tous les fichtéens ont 'incorporé une part des critiques adressées à Fichte depuis 200 ans: comme l'écrivait Reinhold à Frederik Münter en septembre 1798, avec Fichte force est de constater que la philosophie transcendantale s'est professionnalisée, qu'elle est devenue une affaire de spécialiste, si bien que ses démonstrations échappent à ceux qu'elles concernent malgré l'enjeu pratique qu'elles contiennent. Alors que Fichte entendait s'adresser à des «têtes convenablement initiées à la philosophie transcendantale» pour garantir la scientificité de celle-ci, ses auditeurs, tant colîtemporains qu'à venir, interprèteront son exigence comme une forme d'hermétisme spéculatif, souvent suspecté d'en revenir à une sorte de métaphysique dogmatique ou à un pur intellectualisme. Bien entendu, la question n'est pas de savoir si c'est à juste titre que Fichte est réputé difficile, voire abscond. La question est plus radicalement ' celle de l'accessibilité de la démarche transcendantale de la WL et du soin que Fichte a apporté à cet aspect de son entreprise. Or, à cet égard, c'est tout l'inverse de ce que la réputation de Fichte a fait prévaloir qu'il faut constater: l'entreprise de Fichte ne peut se comprendre sans tenir compte de l'énorme effort réalisé pour en garantir l'accessibilité;
Maesschalck, M. (2009). Origine et signification spéculative du concept d’attention. : De la Doctrine de la Science de 1804 aux Thatsachen de 1811. In J.-Ch. Goddard et A. Schnell (éds.) (ed.), L’être et le phénomène: Doctrine de la science de 1804 (p. p. 251-272). Vrin. https://hdl.handle.net/2078.5/157281