"Excusez les fautes du copiste" ou la mise en scène du soupçon

Richir, Alice
(2012) Textyles : revue des lettres belges de langue française — Vol. La littérature au prise de la photographie, n° 43, p. 51-61 (2012)

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  • Richir, AliceUCLouvain
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Confession d'un peintre médiocre devenu faussaire de génie, dont la fille – sur le piano de laquelle trône l'unique cliché d'une mère décédée – s'efforce de devenir une soliste de talent : Excusez les fautes du copiste confronte d'emblée deux conceptions de l'art pour interroger la légitimité et la valeur de la représentation, à l'ère de la reproductibilité technique. La progressive domination des procédés de représentation modernes est en effet venue mettre à mal l'idéal d'authenticité véhiculé par la modernité tout en révélant la technicité inhérente à tout processus artistique. C'est cette mutation esthétique qu'interroge Grégoire Polet au travers de la figure du copiste. Le « génie » du faussaire n'est pas dû à l'inventivité de son travail, mais à sa maitrise parfaite des techniques picturales. La qualité de ses reproductions révèle le processus de mécanisation auquel ni l'art ni l'artiste – lui-même réduit à un pur savoir-faire – ne peuvent désormais échapper. L'illusion que son geste instaure au cœur même de la représentation déconstruit les limites entre le vrai et le faux, et interroge, par conséquent, la capacité de la fiction à produire encore une quelconque vérité. Le soupçon qui en résulte se répercute sur la littérature, au travers de la dimension métafictionnelle du témoignage écrit du faussaire, dont la fonction ne peut que mettre en doute la sincérité. Il s'agira dès lors de dégager la réponse que le roman apporte au soupçon qui pèse désormais sur la représentation.
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Richir, A. (2012). “Excusez les fautes du copiste” ou la mise en scène du soupçon. Textyles : revue des lettres belges de langue française, La littérature au prise de la photographie(43), 51-61. https://hdl.handle.net/2078.5/160699 (Original work published 2012)