Troubles neurologiques temporaires et permanents associés à l’exposition aux vibrations manubrachiales

Gonçalves Amaral, Fernando
(1998)

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Authors
  • Gonçalves Amaral, FernandoUCLouvain
    author
Supervisors
Malchaire, Jacques
Abstract
Les machines portatives vibrantes sont utilisées dans pratiquement tous les secteurs industriels. Leurs vibrations peuvent provoquer trois types de problèmes concernant le membre supérieur : ostéo-articulaires (poignets et coudes), vasculaires (phénomène du doigt blanc dû aux vibrations) et neurologiques périphériques dans les mains. Cette recherche concerne uniquement les troubles neurologiques périphériques. Au début de l’exposition la vibration peut causer de l’inconfort, des picotements et des engourdissements dans les mains. Par la suite, cela peut provoquer une réduction de la sensibilité et des performances manuelles et dans les cas plus sévères une perte de dextérité. Cette réduction se présente comme une élévation des seuils de sensibilité aux vibrations, à la pression et à la température. La quantification de ces troubles neurologiques reste encore un problème et à l’heure actuelle les médecins du travail et les épidémiologistes utilisent un système de classification subjectif basé sur des symptômes (l’échelle de Stockholm). L’exposition aux vibrations manubrachiales de quelques minutes peut causer une réduction temporaire de la sensibilité aux vibrations même chez des sujets sains. L’amplitude du seuil de perception aux vibrations (SPV) en fonction des conditions d’exposition aux vibrations (amplitude d’accélération et fréquence) et son évolution dans le temps reste encore à quantifier. <BR> L’objectif de cette recherche est d’étudier les variations sensitives et fonctionnelles résultant d’une exposition de courte durée (30 minutes) aux vibrations chez des sujets non exposés et chez des travailleurs exposés professionnellement aux vibrations. L’étude vise aussi à déterminer si la pondération fréquentielle décrite par ISO 5349 est valable pour prédire l’ampleur de ces troubles temporaires, si ces vibrations sont fonction de l’axe selon lequel la main a été exposée aux vibrations et si les expositions monoaxiale et triaxiale engendrent les mêmes altérations temporaires. <BR> Sujets et méthodes : 33 sujets masculins sans histoire de neuropathie périphérique ou centrale et n’ayant jamais été exposés aux vibrations et 47 travailleurs masculins exposés professionnellement aux vibrations ont participé de cette étude. L’exposition consistait à tenir pendant 32 minutes une poignée vibrant à des amplitudes d’accélération et à des fréquences déterminées. De pus, une expérience de référence a été réalisée dans laquelle la poignée ne vibrait pas. Quatre tests sensoriels (le test de la perception aux vibrations (SPV), le teste du seuil de perception à la pression (SPP), le seuil de perception à la température (SPP) et le temps de latence sensitive (TLS) deux tests fonctionnels (le test du Purdue Pergboard (PPg) et la force maximale volontaire (FMV) et un questionnaire concernant les sensations de picotement et d’engourdissement ont été réalisés avant, durant et après l’exposition aux vibrations. Lors de la réalisation des expériences triaxiales une ponceuse a été utilisée au lieu de la poignée vibrante. <BR> Résultats et conclusions : Après 30 minutes d’exposition aux vibrations, le SPC et les sensations de picotements varient significativement. Les autres paramètres n’ont démontré aucune variation significative et le TLS n’a pas permis de mettre en évidence des altérations sensitives. La variation du SPV (pendant et après l’exposition aux vibrations) peut être décrite par un modèle du premier ordre avec une constante de temps de 3 minutes et un résidu à court terme égale à environ 10% de l’élévation temporaire. Le TTS augmente avec le logarithme de l’amplitude d’accélération et est en plus élevé pour la fréquence d’exposition de 125 Hz qu’à 31.5 et 500 Hz. Cela est en contradiction avec la pondération fréquentielle proposée par la norme ISO 5349. Le TTS est plus important à la fréquence de test de 125 Hz qu’à 31.5 Hz. Ces altérations sont indépendantes de la direction de l’exposition aux vibrations, selon les trois axes X, Y et Z. <BR> Les expositions mono et triaxiales semblent provoquer les mêmes effets à la fréquence de 125 Hz. Par contre, à 31.5 Hz, l’exposition monoaxiale engendrait une altération plus importante que l’exposition triaxiale. Les altérations observées ne sont pas liées aux caractéristiques physiologiques, anthropométriques ou psychosociales. Chez les travailleurs exposés professionnellement aucune différence n’a été observée parmi les sujets atteints et non atteints de troubles permanents. En outre, les tests sensitifs et fonctionnels utilisés dans cette étude n’ont pas permis d’authentifier les différents stades de l’échelle de Stockholm. <BR> Les altérations du SPV sont du même ordre pour les sujets exposés professionnellement et non exposés aux vibrations, la seule différence étant que pour le premier groupe, la constante de temps est plus petit et le SPV au repos un peu plus élevé, en particulier à la fréquence de texte de 125 Hz.
Affiliations
  • Institution iconUCLouvainMD/ESP/HYTR - Unité d'hygiène et de physiologie du travail

Citations

Gonçalves Amaral, F. (1998). Troubles neurologiques temporaires et permanents associés à l’exposition aux vibrations manubrachiales. https://hdl.handle.net/2078.5/111986