Sur le rôle de l’esthétique kantienne dans le débat contemporain en esthétique philosophique : Lecture critique de l’ouvrage de Thierry de Duve "Au nom de l’art. Pour une archéologie de la modernité. Kant (d’)après Duchamp"

Roland, Lee Christopher
(2006) Séminaires ISP/FILO 3145 2006-2007 : “L’esthétique philosophique du XXe siècle : avec ou contre Kant ?” — Location: Louvain-la-Neuve (BE) (12.October.2006)

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  • Roland, Lee ChristopherUCLouvain
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Thierry de Duve s’interroge sur les possibilités de dépassement du paradoxe entre modernité et postmodernité en art, ainsi que sur les enjeux d’un tel paradoxe en termes de finalité métaphysique. Pour ce faire, l’auteur cristallise le débat en recourant à deux « communautés de problématiques » empruntées à Kierkegaard. Il les considère comme antinomiques : « ou bien » une conception « post-Habermas » de l’art, « dialectique » et purement rationnelle, « ou bien » une conception « post-Baudrillard » de l’art, « cybernétique » et purement sentimentale. Prenant pour hypothèse que ces deux approches ont pour objet la question du jugement esthétique, l’auteur s’essaie à une réinterprétation de l’esthétique kantienne à partir du readymade Fountain de Marcel Duchamp, ce dernier étant vu comme un objet paradigmatique de l’antinomie évoquée, et donc, comme un moyen pour la résoudre. Ce détour par Kant via Duchamp invite au final à une relecture archéologique de la modernité comme période historique dont la pratique esthétique a été régulée par l’ « Idée d’art comme nom propre ». Au-delà, cette approche se donne pour but de définir un « règne des fins » succédant au conflit entre modernité et postmodernité. Étant donné que le texte de Thierry de Duve et son projet comportent plusieurs difficultés tant méthodologiques que conceptuelles, nous ne traitons pas ici le changement de paradigme qu’il propose. Nous nous intéressons davantage à la réévaluation du jugement de goût à laquelle il procède. Nous montrons que celle-ci est réductrice dans la mesure où elle tente de rendre le « beau » kantien contingent à des pratiques socioculturelles historiquement situées, lui faisant dès lors perdre toute valeur d’intersubjectivité, de « terrain d’entente universel » non enfermé dans une esthétique philosophique « de l’art ».
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Roland, L. C. (2006). Sur le rôle de l’esthétique kantienne dans le débat contemporain en esthétique philosophique : Lecture critique de l’ouvrage de Thierry de Duve “Au nom de l’art. Pour une archéologie de la modernité. Kant (d’)après Duchamp”. Séminaires ISP/FILO 3145 2006-2007 : “L’esthétique philosophique du XXe siècle : avec ou contre Kant ?”, Louvain-la-Neuve (BE). https://hdl.handle.net/2078.5/209314