La force majeure contractuelle revisitée. Bonne foi, unilatéralisme et systématisation des remèdes

van Zuylen, Jean
(2025) ISBN: [9782807948488], 588 pages, published

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  • van Zuylen, JeanUCLouvain
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La thèse explore la notion de force majeure dans le droit des obligations contractuelles. Elle part de l’idée selon laquelle la force majeure ne doit pas être analysée en vase clos, mais bien en relation avec trois évolutions majeures du droit des obligations, ou trois axes, en l’occurrence, (i) la systématisation des remèdes à l’inexécution, (ii) la place de plus en plus importante dévolue à la volonté unilatérale et (iii) l’essor du principe de l’exécution de bonne foi. En ce qui concerne le premier axe, la thèse vise à tisser davantage de liens entre le régime de la force majeure et les sanctions de l’inexécution imputable. Il en ressort que la condition d’impossibilité d’exécution peut être élargie afin d’y inclure les cas où il serait disproportionné d’exiger l’exécution en nature de l’obligation. L’examen de la condition de non-imputabilité montre quant à elle que la force majeure se construit en miroir de la responsabilité civile en ce sens que l’effet exonératoire de la première est fondé sur l’absence de faute et/ou l’absence de lien causal entre le comportement du débiteur et le dommage. Sous l’angle des effets de la force majeure, le rapprochement avec les sanctions de l’inexécution imputable permet d’identifier dans le domaine de l’inexécution non imputable un remède qui ressemble pratiquement à la réduction du prix. La thèse propose également d’introduire deux nouveaux remèdes, qui sont calqués sur la résolution anticipée et l’exceptio timoris, afin de résoudre les hypothèses dites de « force majeure anticipée », à savoir lorsque l’impossibilité d’exécution n’est pas encore actuelle mais qu’elle menace sérieusement. La thèse repose, ensuite, sur l’observation que la volonté unilatérale occupe une place de plus en plus importante dans le droit des obligations. Alors que les remèdes unilatéraux se multiplient, il serait simpliste de continuer à présenter la force majeure comme un mécanisme automatique et indifférent à la volonté des parties. Celle-ci joue un rôle, certes encore limité mais indéniable, que ce soit pour renoncer à invoquer la force majeure, pour déclarer les effets que lui attribuent les parties sous réserve du contrôle du juge, voire pour déclencher le régime de la force majeure anticipée. Enfin, le régime de la force majeure doit être affiné à la lumière du principe de l’exécution de bonne foi. Ce dernier contribue à un élargissement de la condition d’impossibilité d’exécution. Cet assouplissement de la force obligatoire du contrat est toutefois contrebalancé par une évolution de la condition de non-imputabilité en ce sens que, dans certains cas, l’imputabilité est élargie pour faire peser sur le débiteur certains événements devant être considérés comme entrant dans sa sphère de risques. Appliqués aux effets de la force majeure, la bonne foi et l’abus de droit nuancent par ailleurs la logique du « tout ou rien » attachée à la théorie des risques pour aboutir à une répartition plus équilibrée des risques – c’est-à-dire des conséquences de la force majeure – entre les contractants.
Affiliations

Citations

van Zuylen, J. (2025). La force majeure contractuelle revisitée. Bonne foi, unilatéralisme et systématisation des remèdes. Larcier. https://hdl.handle.net/2078.5/243188