Religion in no man’s land : an interdisciplinary research into the role of religious leaders in peacebuilding processes, the case of Bosnia and Herzegovina
(fr) Ce travail examine le rôle des leaders religieux dans les processus de maintien et consolidation de la paix, l'accent étant mis sur la Bosnie-Herzégovine. En se basant sur un grand nombre d’entretiens avec des leaders religieux catholiques, orthodoxes et musulmans, la thèse présente un modèle qui différencie les activités de maintien et de consolidation de la paix 1) avant le conflit, 2) pendant le conflit, et 3) dans une phase post-conflit. Dans de tels scénarios, les leaders religieux jouent respectivement un rôle préventif, réactif et transformateur. Le rôle préventif (1) comprend toutes les activités liées au développement du caractère moral et de l'éthos social qui visent à faire progresser la résilience sociale et individuelle face aux mobilisations idéologiques pour la guerre fondées sur l'utilisation de symboles et de récits religieux. Le rôle réactif (2) couvre les activités liées à l'aide humanitaire, l'accompagnement spirituel et émotionnel, la dénonciation des crimes, la délégitimation de la propagande religieuse et la promotion de visions sociales alternatives à celles de la séparation et inimitié permanente. Enfin, dans la phase d'après-conflit (3), les leaders religieux sont confrontés à un ensemble de défis en lien avec l'héritage de la violence. Puisque les conflits de groupe ont un impact profond sur les relations sociales et l'équilibre psychologique des individus, ces activités sont liées au rapprochement mutuel entre anciens adversaires et à la mise en place de la confiance, du respect et d'une forme de coopération. Bien que l'accent soit mis sur le potentiel positif des leaders religieux dans le maintien et la consolidation de la paix, la thèse analyse également les limites et les contraintes pratiques liées à leurs activités.
Odak, S. (2018). Religion in no man’s land : an interdisciplinary research into the role of religious leaders in peacebuilding processes, the case of Bosnia and Herzegovina. https://hdl.handle.net/2078.5/171619