Les bijoux d'Ethiopie : les centres d'orfèvrerie de 1840 à la fin du XXe siècle

Vanderhaeghe, Catherine
(2001)

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Details

Authors
  • Vanderhaeghe, CatherineUCLouvain
    author
Supervisors
Neyt, François
Abstract
Parmi le large éventail de bijoux rencontrés dans ce vaste pays multiculturel et multiethnique, mon choix s'est porté sur l'étude des bijoux en métal précieux. Les bijoux les plus anciens furent collectés en 1840 par les missions françases (Lefèvre) et britannique (Harris) dépêchées près de Sählä Selaissié, roi du Shoa. Le parti-pris de l'examen de bijoux en or et en argent à l'exclusion de tous les autres, m'amena à considérer une dizaine d'ethnies, de confession chrétienne et musulmane, réparties à l'intérieur d'une aire géographique cohérente. Celle-ci correspond à l'ancienne Abyssinie ou Ethiopie historique, c'est -à-dire les Haut Plateaux centraux d'Ethiopie et d'Erythrée, en majorité chrétiens, ceinturés à l'est et au sud par des terres de moyenne et de basse altitude où vivent les musulmans. La démarche méthodologique consiste à rassembler un large corpus de bijoux, le plus représentatif possible de la production d'une bijouterie raditionnelle dsur la période d'un siècle et demi. Les collections publiques et privées européennes m'ont fourni un matériel d'investigation abondant parmi lequel j'ai retenu 307 spécimens. Pour chacun de ces bijoux, j'ai procédé à une étude allant du général au particulier. Elle comporte quatre volets : - l'observation minutieuse des bijoux a fourni des informations sur les métaux précieux et les matières associées (ambre, verre, matières organiques) ainsi que sur les techniques d'orfèvrerie utilisées, et m'a permis de dresser un répertoire de formes et de décors, - la compilation d'une abondante documentation sur base de sources écrites et iconographiques remontant au début du XIXième siècle, - l'enquête sur le terrain menée lors de quatres campagnes de 1994 à 1996 a permis de compléter et d'amender cette documentation tout en localisant avec une grande certitude les centres de production d'orfévrerie encore en activité, - L'approche linguistique donnée par la nomenclature des bijoux en diverses langues vernaculaires apporte un certains nombre d'information sur la provenance, la fonction ou la forme d'une parure. La convergence de ces données replacées dans un contexte ethnohistorique m'a conduite à déterminer l'existence de neuf centres de production de bijoux en métal précieux. Chacun d'entre eux est focalisé sur un centre urbain ayant joué un rôle politique ou économique à un moment donné dans l'histoire de l'Ethiopie : Axoum, Gondär, Ankobär, Addis Abeda, Dessié, Alyu Amba, Harar et Jimma. Ces villes, parmi lesquelles les quatre premières furent les capitales successives des négus chrétiens, s'échelonne le long des itinéraires empruntés par les caravanes commerciales dès le début de notre ère. Chaque centre de production, lequel compte un nombre variable d'atelier d'orfèvres selon l'importance de la ville, se définit selon quatre paramètres : les matières, une technique d'orfèvrerie dominante, les thèmes décoratifs des bijoux (motifs et composantes) et les types de bijoux. Au terme de cette étude, il apparaît que la production de bijoux éthiopiens manifeste des particularismes inhérents à la position géopolitique de ce pays, à la fois intégré au continent africain dont il tire ses richesses, et lié culturellement à des pays proches ou lointains. Les relations ininterrompues avec le Yémen et l'Egypte depuis plusieurs siècles, se matérialisent par des similitudes dans les formes, les décors et les techniques. L'installation d'orfèvres grecs et arméniens à la cours des négus à partir du début du XIXième siècle, a sans doute contribué à la renaissance d'une tradition de bijouterie filigranée connue dès l'antiquité à Axoum. La prépondérence d'une bijouterie en argent s'explique à la fois par l'importation massive de thalers autrichiens à partir de 1820, et par la prérogative royale quant au port et au commerce de l'or natif. Enfin, la récurrence de types de bijoux et de techniques propres à chaque centre de production indique une volonté de perpétuer un langage codifié au sujet de l'appartenance religieuse et ethnique ainsi que du statut social du porteur du bijoux.
Affiliations

Citations

Vanderhaeghe, C. (2001). Les bijoux d’Ethiopie : les centres d’orfèvrerie de 1840 à la fin du XXe siècle. https://hdl.handle.net/2078.5/25736