(fr) Les langues présentent des différences notables concernant la fréquence avec laquelle elles signalent les relations logiques (telles que la causalité ou le contraste) à l’aide de connecteurs explicites (p. ex. mais, cependant, bien que). Pour l’anglais et le français, la littérature suggère que le français tend à expliciter les relations logiques plus fréquemment que l’anglais. Néanmoins, à ce jour, cette affirmation n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation empirique solide. L’objectif de la thèse est de comparer l’usage des connecteurs exprimant le contraste en français et en anglais, sur la base de larges corpus écrits (éditoriaux et articles scientifiques). D’une part, la recherche entend revisiter l’assertion selon laquelle le français aurait tendance à utiliser davantage de connecteurs que l’anglais. D’autre part, mon travail doctoral propose une comparaison détaillée des comportements syntaxiques des connecteurs en anglais et en français, en examinant aussi bien (i) le type de phrases dans lesquelles ces éléments sont utilisés dans chaque langue ; que (ii) leur position au sein de la phrase. Les résultats de l’analyse infirment très fortement l’assertion qui dominait jusqu’alors dans la littérature, puisqu’ils révèlent une fréquence de connecteurs de contraste significativement plus élevée en anglais qu’en français. L’étude révèle également de nombreuses différences entre les deux langues en ce qui concerne les caractéristiques syntaxiques des connecteurs de contraste, et montre que ces dernières peuvent être associées à des effets discursifs spécifiques (p. ex. emphase, compression, etc.). En outre, l’examen des données de corpus démontre l’impact prépondérant des préférences lexicales des divers connecteurs au sein de chaque langue. La thèse établit par conséquent que l’usage des connecteurs de contraste anglais et français se situe à l’intersection entre la syntaxe, le discours et le lexique.