Influence du travail et de la couverture sur les propriétés physiques du sol et le système racinaire du bananier de hautes altitudes de la région des Grands Lacs d'Afrique (Sud-Kivu en RD Congo, Rwanda et Burundi)

Muliele Muku, Tony
(2014)

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Authors
  • Muliele Muku, TonyUCLouvain
    author
Supervisors
Bielders, Charles
;
Delvaux, Bruno
Abstract
(fr) Le bananier est une des principales cultures de subsistance au Sud-Kivu (Kivu montagneux) en RD Congo, au Rwanda et au Burundi. Il y est couramment cultivé en association avec une ou plusieurs cultures annuelles, majoritairement le haricot. Un travail du sol manuel avec exportation des résidus de récolte est pratiqué deux fois par an afin de préparer le lit de semence pour les cultures annuelles sous bananier. Ce travail du sol détruit les racines superficielles du bananier et pourrait dès lors affecter négativement sa productivité. Par ailleurs, le travail du sol et l’exportation des résidus de culture est susceptible d’accélérer la dégradation des sols. Des techniques culturales alternatives basées sur les principes de l’agriculture de conservation, à savoir le non-labour avec paillage, pourraient constituer une alternative plus durable aux pratiques culturales conventionnelles. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’influence, à court et moyen termes, des pratiques culturales (labour et exportation de résidus vs. non labour avec paillage) sur les propriétés physiques du sol et le système racinaire du bananier au sein d’une association bananier-haricot. Nous avons premièrement mis en évidence l’influence prépondérante des propriétés du sol sur la distribution racinaire du bananier. Les contraintes physiques semblent limiter la colonisation des racines en profondeur tandis que la densité racinaire maximale du bananier semble être principalement liée à la fertilité intrinsèque des sols. Après environ 3 ans, les pratiques culturales se différenciaient assez peu en termes d’impacts sur les propriétés physiques et sur l’enracinement. Les impacts se limitaient essentiellement aux dix premiers cm du sol. Sur cette profondeur, le travail du sol manuel a permis de réduire la résistance mécanique du sol par rapport aux pratiques culturales sans labour avec paillage, mais n’a pas amélioré la densité apparente. Malgré cette baisse de la résistance mécanique, la densité racinaire était généralement plus faible dans les parcelles labourées comparé aux parcelles en non labour avec paillage. Immédiatement après le travail du sol, le poids frais et la longueur des racines primaires (0-10 cm de profondeur) des parcelles labourées non paillées ont été réduits de 74% (anciennes plantations) à 95% (jeunes plantations) par rapport à ceux des parcelles en non labour avec paillis. La régénération racinaire consécutive au travail du sol manuel requiert plusieurs mois. Particulièrement sur les jeunes plantations, le poids frais et la longueur des racines primaires n’atteignaient cependant jamais les niveaux observés dans les parcelles en non labour. Le labour avec exportation de résidus a affecté négativement la croissance des bananiers des jeunes plantations, mais l’arrêt du labour dans des plantations âgées n’a pas stimulé la croissance sur le court terme. Les pratiques culturales sans labour avec paillage ont amélioré la stabilité structurale du sol par rapport au travail du sol manuel avec exportation de résidus de bananier. Elles ont également réduit le taux d’érosion et la concentration en sédiment dans l’eau de ruissellement. Toutefois, en raison de leur degré d’hydrophobicité plus élevé en saison sèche, ces pratiques culturales n’ont cependant pas amélioré la conductivité hydraulique à saturation sur deux des trois sites d’étude. La culture sans labour avec paillage apparaît donc comme une alternative adéquate pour une association culturale bananier-haricot, mais son impact sur la productivité globale du système nécessite d’être vérifiée.
Affiliations

Citations

Muliele Muku, T. (2014). Influence du travail et de la couverture sur les propriétés physiques du sol et le système racinaire du bananier de hautes altitudes de la région des Grands Lacs d’Afrique (Sud-Kivu en RD Congo, Rwanda et Burundi). https://hdl.handle.net/2078.5/194643