Ce chapitre suggère que le « vieillissement actif » en tant que modèle du « bien vieillir », tend à limiter les réalités du vieillissement, à oublier le mot « vieillissement ». Sur la base d’un dialogue entre « sociologie du vieillissement » francophone et « critical gerontology » anglophone, le chapitre propose une discussion critique de cette notion et plaide pour une prise en compte élargie du vieillissement. Tout d’abord, nous considérons le « vieillissement actif » comme un « idéal politique ». Ensuite, nous isolons sa traduction dominante comme « vieillissement actif en emploi » et ses limites. En troisième lieu, nous proposons une lecture alternative impliquant une série d’adaptations : il s’agit de passer d’un modèles normatif aux récits (narratives) pluriels du vieillissement, d’une vision en termes de pendule à une vision en termes de spirale et d’une centration sur l’activité à un intérêt pour l’expérience du vieillissement. Enfin, nous mobilisons quelques outils conceptuels (les supports chez Caradec et l’intelligence intergénérationnelle chez Biggs) à des fins pratiques : explorer la manière dont ils pourraient aider à la prise en compte de l’expérience dans les politiques visant à l’intégration des plus âgés.
Moulaert, T., Biggs, S., & Caradec, V. (2015). Repenser l’avancée en âge au temps du vieillissement actif. Questions et dialogue théorique franco/anglophone. In Viriot Durandal, Jean Philippe, Raymond Emilie, Moulaert Thibauld, Charpentier Michèle (ed.), Droits de vieillir et citoyenneté des aînés. Pour une perspective internationale (pp. 269-282). Presses Universitaires du Québec. https://hdl.handle.net/2078.5/47109