La détection de metastases ganglionnaires, en particulier les metastases occultes, et la stadification des cancers sont toujours des défis majeurs pour l'oncologue traitant les tumeurs de la tête et du cou. En effet, en l'absence d'envahissement métastatique évident à la palpation ou sur les documents radiologiques, l'évaluation des ganglions lymphatiques du cou est malaisée. Même les technique d'imagerie médicale les plus sophistiquées (tomographie computérisée, imagerie par résonnance magnétique, échographie, prélèvement cytologique par aspiration à l'aiguille guidée par ultra-sons, tomographie à émission de positrons et biopsie du ganglion lymphatique sentinelle identifié grâce à une sonde à rayonnement gamma) s'avère peu performantes dans la détection pré)opératoire de ganglions lymphatiques métastatiques.<BR> Le statut métastatique du patient est souvent mal évalué puisque l'examen anatomo-pathologique de routine n'est réalisé que sur une ou deux sections histologiques colorées à l'hématoxyline et à l'éosine, qui sont préparées à partir d'une coupe transversale représentative du ganglion lymphatique. Comme la majeure partie du ganglion lymphatique n'est pas examinée, des micrométastases passent très probablement souvent inaperçues (Ferlito et coll., 1999).<BR> Les recherches en biologie du cancer mèneront à l'identification de marqueurs tumoraux intéressants pour prédire l'existence de métastases ganglionnaire, qui concurrenceront les méthodes classiques d'évaluation des territoires ganglionnaires. <BR> Nos travaux montrent que la fraction de cellules cancéreuses immunomarquées pour PCNA ou pour Ki67, et la fractyion de cellules en phase S, ont une valeur pronostique et permettent de prédire les métastases ganglionnaires de patients atteints d'un cancer laryngé. La mise en évidence préopératoire de ces deux protéines s'est avérée prédire la présence de métastase avec une meilleure sensibilité que les examens cliniques et radiologiques. <BR> Les études ultérieures seront ciblées sur une utilisation plus approfondie des techniques de pathologie classique (comme l'examen histopathologique de sections sériées et l'histochimie) et sur l'introduction de techniques nouvelles et sensibles 'comme l'immunohistochimie et la biologie moléculaire) afin de détecter les métastases inapparentes (microscopiques, occultes, obscures, clandestines, moléculaires, immunohistochimiques ou encore indétectables). Toutefois, il est très important d'analyser aussi l'imact que cette information améliorée aura sur le pronostic de la tumeur
Liu, M. (2002). Molecular prognostic markers in squamous cell carcinoma of the larynx : an immunohistochemical study. https://hdl.handle.net/2078.5/110800