2.3.2.2-Analyse céramique, dans Marcy, Thierry (dir.) Canal Seine-Nord Europe, fouille 3, Nord-Pas-de-Calais, Pas-de-Calais, Oisy-le-Verger : la nécropole d'une lignée aristocratique au tournant de la Guerre des Gaules : rapport de fouilles

(2011) , 227 (103-118) pages

Files

No attached file found for this publication.

Details

Authors
Abstract
Le site archéologique reconnu au lieu-dit "Pont d'Epinoy" sur la commune de Oisy-le-Verger a été découvert lors du diagnostic de la section ZD8 du projet du canal Seine-Nord Europe. La fouille de cet ensemble réduit, que l'on peut classer au rang des nécropoles familiales, apporte un lot de connaissances très intéressantes pour la région. Au niveau de l'implantation générale, cette dernière dénote d'une gestion de l'espace très organisée. Cette remarque permet de montrer également qu'au cours du temps, l'emplacement des tombes demeure connu des contemporains, ces dernières étant certainement signalées au sein de la nécropole. Au niveau chronologique, il s'agit de la première nécropole à proposer une périodisation incluant la transition entre La Tène finale et les premiers temps de la romanisation. La nécropole indique, pour la zone concernant la frontière atrébato-nervienne, un "chainon manquant" chronologique qui permet d'apprécier l'évolution matériel à cette période charnière très importante. Elle s'intercale chronologiquement entre, par exemple, la nécropole aristocratique de Raillencourt-Sainte-Olle, qui ne perdure pas après la conquête romaine, et la grande nécropole de Baralle, dont l'implantation débute vers 30 ap. J.-C., sous le règne de Tibère. La première phase de la nécropole de Oisy est donc contemporaine, ou peu s'en faut, de l'ensemble de Raillencourt, alors que sa dernière phase est contemporaine de la mise en place de la nécropole de Baralle. Par ailleurs, cette nécropole a été l'occasion d'observer dans sa continuité un ensemble de type aristocratique. En effet, il est clairement établi que la tombe primitive, datée de La Tène finale, posséde des caractères de haut rang social. Lors de la phase suivante, au début du règne d'Auguste, une tombe est encore marquées par de nombreux indices statutaires élevés auxquels vient s'ajouter un marqueur de la fonction militaire du défunt. Les tombes des deux phases suivantes, de la fin du règne d'Auguste jusqu'au règne de Claude, perdent quelque peu les marques ostentatoires de haut rang social mais il est toujours possible de déceler ponctuellement quelques traces de richesse. Enfin, la présence d'une sépulture à inhumation en marge de la nécropole, phénomène rare mais toutefois noté à plusieurs reprises dans l'aire atrébate, pose question. Sa datation par analyse C14 fixe la date de son enfouissement dans le courant de lapremière moitiè du Ier siècle de notre ère.. Il semblerait qu'il s'agisse de ce que certains anthropologues et archéologues appellent un "mort d'accompagnement". Ce rituel, qui semble être purement celtique, atteste de la survivance de pratiques funéraires ancestrales alors même que l'assemblage des tombes associées prouve un réel ancrage dans la culture romaine. L'ensemble de ces données a ainsi permis d'obtenir une vision sur une lignée familiale de rang social élevé qui a vécu le bouleversement de la conquête des Gaules par César. Cette famille atteste de son rapprochement précoce avec le conquérant, en particulier par l'appartenance de l'un des défunts aux cadres de l'armée de conquête au sein des troupes auxiliaires. Ainsi, il semblerait que l'assimilation des populations locales à l'issue de la conquête se soit opérée non seulement par l'implantation de nouvelles colonies urbaines ou sous la forme de fortins militaires disséminés dans la campagne mais également par un réseau de clientélisme civil local.
Affiliations

Citations

Willems, S. (2011). 2.3.2.2-Analyse céramique, dans Marcy, Thierry (dir.) Canal Seine-Nord Europe, fouille 3, Nord-Pas-de-Calais, Pas-de-Calais, Oisy-le-Verger : la nécropole d’une lignée aristocratique au tournant de la Guerre des Gaules : rapport de fouilles. Inrap. https://hdl.handle.net/2078.5/251779