Certaines entreprises disparaissent peu de temps après leur création. D’autres croissent lentement et de manière réactive. D’autres encore atteignent rapidement une taille considérable. Ces entreprises à forte croissance constituent cependant des exceptions. À ce titre, elles font l’objet de nombreux travaux scientifiques et suscitent la sollicitude des pouvoirs publics, des autorités boursières et des intermédiaires financiers. Pourtant, la croissance, ses causes, ses conséquences et son déroulement demeurent des phénomènes relativement mal connus, notamment parce que cet intérêt est assez récent. Traditionnellement, la théorie économique néoclassique postulait, dans le cadre de la théorie des économies d’échelle, que la taille des entreprises n’était que le résultat du mécanisme de marché qui les pousse à croître jusqu’à atteindre leur taille optimale, sous peine de disparaître. Par conséquent, la croissance était considérée comme « naturelle » et l’étude des entreprises à forte croissance n’était pas jugée intéressante. À la fin du xxe siècle, certaines recherches ont constaté que la majorité des emplois étaient créés par une minorité d’entreprises : les entreprises à forte croissance, communément appelées « gazelles ». Cette constatation a amené les chercheurs à s’interroger sur les mécanismes économiques qui permettent aux autres entreprises de ne pas croître sans disparaître pour autant, ainsi que sur les raisons qui poussent les entrepreneurs à rechercher la croissance ou, au contraire, le statu quo. Ces questions feront l’objet des sections 2 et 3, la première étant consacrée à la définition de la croissance. Nous présenterons ensuite les modèles de stade de développement des entreprises, qui décrivent les différentes phases de la croissance, puis les théories explicatives de la croissance et nous clôturerons ce chapitre par une section consacrée aux déterminants de cette dernière.
Janssen, F. (2016). La croissance. In Janssen, Frank (ed.), Entreprendre : Une introduction à l’entrepreneuriat (p. p. 239-258). de boeck supérieur. https://hdl.handle.net/2078.5/185150