Le corps dans le soufisme : du corps de l’ascète au corps de l’amitié divine
Kabira Nait-raiss
(2019) , 20 pages
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Kabira Nait-raissUCLouvain
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Lorsque l’on pense au soufisme, on pense à l’amour divin, à la méditation, au turban, à la danse, à l’extase, à la vénération des tombes des saints, aux reliques du Prophète. Des images qui placent le corps au cœur de la pratique soufie. Ce qui n’est pas forcément évident puisque l’islam apparaît comme une religion où l’adoration de Dieu reste absolument transcendante. Or, la légitimation du corps comme médiation au salut existe bel et bien : la Loi pétrit les corps (Benkheira), le Prophète apparaît comme le bel exemple (Cor 33, 21 – uswatun ḥasanatun) mais aussi le saint homme qui propose un modèle. Entre transcendance absolue et immanence, on a du mal à situer souvent la place et la fonction du corps dans le chemin qui mène à Dieu. Pour comprendre ce paradoxe, il faut revenir à l’anthropologie et la spiritualité musulmane primitive, celle des premiers dévots et mystiques musulmans. Comme celle des Pères de l’Église avant elles, elle témoigne à bien des égards d’une théologie du corps riche en bien des aspects. C’est ce que nous voudrions aborder, en nous appuyant sur les enseignements fondateurs du soufisme.