Ce chapitre propose une synthèse des travaux menés dans le cadre de l'atelier « Savoirs experts, savoirs profanes : vers de nouveaux modes de construction de l’actualité politique ? » à l’occasion du quatrième congrès triennal de l’Association belge de Science Politique – Communauté française (Université catholique de Louvain, 24 et 25 avril 2008). Cet atelier s'est attaché à décrypter le travail de mise en forme du monde et de production de l’actualité dans lequel les détenteurs de savoir jouent un rôle essentiel. Un des enjeux de l'atelier a été d’identifier qui sont les détenteurs de ces savoirs. Les organisateurs assumaient un parti pris: celui qui consiste à reconnaître que la combinaison de savoirs différents, voire la confrontation d’expertises divergentes, ne constituent pas les symptômes d’une anomie postmoderne. Au contraire "une situation de controverse peut être productive dans la mesure où elle rend tangible la coexistence de cadres de connaissance différents permettant de penser et de traiter des situations d’incertitudes scientifiques mais aussi sociales" (Lascoumes 1999 : 78). Corrélativement, aucune institution, aucun acteur ne saurait prétendre au monopole des connaissances légitimes. La césure séparant les savants des profanes tend à se brouiller et la distribution des compétences et des aptitudes est en évolution permanente.
Bellal, S., Denis, B., & Duez, D. (2010). Savoirs experts, savoirs profanes: vers de nouveaux modes de construction de l’actualité politique? In Dandoy, Régis (ed.), Science politique et actualité: l’actualité de la science politique (p. p. 41-68). Academia-Bruylant. https://hdl.handle.net/2078.5/205753