Du brouillon aux écrits intermédiaires partagés : quels déplacements dans le champ de la didactique de l'écriture?

De Croix, Séverine;Falardeau, Erick;Ledur, Dominique;Ronveaux, Christophe
(2024) Les écrits intermédiaires partagés — ISBN: [978-2-39029-190-9], p. 9-23, published

Files

Introduction_Lesécritsintermédiairespartagés_Recherchesendidactiquedufrançais_AIRDFvf_préprint.pdf
  • Open Access
  • Adobe PDF
  • 216.61 KB

Details

Authors
  • co_first_author
  • Falardeau, ErickUniversité Laval, Québec
    Author
  • Ledur, DominiqueEphec Education
    co_last_author
  • Ronveaux, ChristopheUniversité de Genève
    Author
Abstract
L’appellation d’« écrits intermédiaires » couvre toutes sortes de notions (l’avant-texte, le brouillon, le manuscrit, la planification, l’écrit provisoire, la note, etc.) et renvoie à des activités langagières diverses (la révision, le raturage, la reformulation, la réécriture, la régulation, etc.). Toutes ces notions, d’une part, évoquent peu ou prou un écrit ou une trace scripturale qui précède le texte final, celui qui sera rendu public pour une évaluation ; d’autre part, elles indiquent l’attention à un processus ou à une énonciation plutôt qu’à un énoncé accompli ou à un produit textuel achevé. Depuis une cinquantaine d’années, les écrits intermédiaires des apprentis scripteurs font régulièrement l’objet de l’attention des chercheur.e.s en didactique du français (cf. les numéros de Pratiques de 1995, 2000 ; le numéro de Linx de 2004) et plus récemment la dernière livraison de la Revue hybride de l’éducation (Tremblay, Turgeon & Gagnon, 2020). Leur définition a évolué vers l’idée que les écrits intermédiaires ne sont pas des objets normés, des versions améliorables d’un texte évaluable, mais des traces matérielles d’opérations diverses qu’il conviendrait d’observer pour elles-mêmes pour mieux accompagner le développement de capacités langagières. Cet effort de clarification traduit pour de nombreux auteurs et autrices la difficulté de se départir d’un modèle du texte, conçu à partir d’une « genèse perfectisante » (Lebrave, 1983). Pour ce volume de la collection « Recherches en didactique du français », nous avons opté pour une définition large qui encourage la confrontation des objets et des méthodologies de recherche. Pour nous, les écrits intermédiaires partagés couvrent toutes les traces écrites produites à l’école dans le cadre de tâches scolaires, qui font l’objet d’une attention explicite, de la part des différents acteurs de la classe, élèves et enseignants, comme objet d’études et de commentaires. Ils comprennent donc toutes les traces scripturales produites, discutées, annotées, commentées, raturées dans un collectif scolaire impliqué dans leur énonciation. Sont exclus de cet ensemble les écrits fixés sur un support en vue de leur évaluation, rédigés en solitaire, dans la performance d’une épreuve certifiante. Cette définition générique englobe autant les premières traces graphiques et schématiques produites au début d’une tâche de production longue que les réécritures effectuées dans le cours d’une lecture d’albums ou d’œuvres littéraires, que les notes de savoir ou les « écrits transitoires » (Garcia Debanc et al., 2012) formulés au cours de sciences.
Affiliations

Citations

De Croix, S., Falardeau, E., Ledur, D., & Ronveaux, C. (2024). Du brouillon aux écrits intermédiaires partagés : quels déplacements dans le champ de la didactique de l’écriture? In De Croix, Séverine; Falardeau, Erick; Ledur, Dominique; Ronveaux, Christophe (ed.), Les écrits intermédiaires partagés (Presses universitaires de Namur, p. p. 9-23). Presses universitaires de Namur. https://hdl.handle.net/2078.5/234627