Que révèlent les espaces de discussion du travail de l’entreprise dite libérée ? Une approche régulationniste et conventionnaliste des enjeux de dialogue.
Constatant un intérêt croissant de la part des praticiens et des chercheurs en gestion pour la notion d’ « entreprises libérées » (e.g. Gilbert, Raulet-croset, & Teglborg, 2017), cet article s’intéresse aux enjeux en termes de dialogue soulevés par cette technique managériale au sens d’Hatchuel et Weil (1992) au sein des organisations. Mobilisant l’approche des espaces de discussions du travail (e.g. Detchessahar, 2019), cette recherche vise à caractériser ces espaces dans les entreprises dites libérées, par le biais d’une approche régulationniste et conventionnaliste en gestion (Taskin & Gomez, 2015). Elle s’inscrit aussi dans une approche critique en management dans la lignée des travaux de Picard (2015) et de Frémeaux et Taskin (2019) en la matière. La méthodologie retenue est qualitative et se base sur une étude de cas approfondie (e.g. Yin, 2014). Cet article présente les premiers résultats issus de la recherche réalisée et montre comment un projet de « libération » de l’organisation peut mener à (1) l’invisibilisation du travail dans les espaces de discussion du travail ; (2) l’instrumentalisation de certains espaces de discussion du travail à des fins de (re)légitimation de l’autorité hiérarchique ; (3) la décrédibilisation des acteurs syndicaux dans l’organisation et (4) l’appropriation individuelle du projet de « libération », menant dans certains cas, à une dilution de l’éthique professionnelle au profit d’une éthique de vie.
De Ridder, M. (2019). Que révèlent les espaces de discussion du travail de l’entreprise dite libérée ? Une approche régulationniste et conventionnaliste des enjeux de dialogue. (Louvain Research Institute in Management and Organizations Working Paper Series 2019/12). https://hdl.handle.net/2078.5/124577