(fr) Cette thèse vise à démontrer que l'étude de multiples textes «physiques» dans la critique textuelle contribue essentiellement à l’étude littéraire et rédactionnelle du texte. Partant du texte d’Ex 12–13 qui est hétérogène et où lois, préceptes, récits et exhortations s’y entremêlent et portent d’indices de compositions multiples, repérables aux doublets rédactionnels, aux incohérences, aux divergences littéraires, notre travail part d’un présupposé selon lequel une étude littéraire sérieuse ne peut se faire sans étudier préalablement et de façon détaillée le matériau textuel disponible en référence au passage étudié. C’est en ce sens que l’objectif principal de cette recherche, est en effet situé au niveau de la critique textuelle. Pour mener à bon port ce travail, nous le subdiviserons en 4 chapitres. Le premier présentera quelques problèmes majeurs et l’état des questions que soulève cette unité littéraire à partir d’une revue de la littérature scientifique. Puisque la méthodologie utilisée dans cette recherche est fondamentalement celle de la critique textuelle, elle se déroulera en 3 sous-étapes : 1) la collecte et l'inscription de toutes les variantes contenues dans le TM, la LXX, le PentSam et quelques fragments des manuscrits de Qumran où le texte d’Ex 12–13 est fragmentaire. 2) l’enregistrement et la description des variantes en fonction de leur nature et des explications possibles. Et enfin 3) l’évaluation de toutes les variantes textuelles significatives en termes de « préférence ». Les 2 premières sous-étapes feront l’objet du 2ème chapitre et la dernière, le 3ème. Ce travail de critique textuelle démontrera que toute utilisation du texte biblique doit tenir compte de ses témoins textuels pluriels puisqu’il n’y a pas, et qu’il n’y a jamais eu, ‘le’ texte de la Bible dans une forme unique. La phase d’évaluation de la critique textuelle appliquera les critères classiques internes, en mettant l'accent sur la convenance ou la pertinence d'une leçon dans son contexte immédiat et plus large, et en tenant compte des caractéristiques spécifiques de chaque variante textuelle. Le 4ème chapitre sera consacré à la portée théologique de quelques variantes. Puisque la LXX compte à son actif un grand nombre de variantes propres, on examinera premièrement s’il existe ‘une’ théologie de la LXX au regard des développements thématiques qui la caractérisent et qui sont fortement inspirés de la culture du milieu alexandrin qui l’a vu naître. Dans un deuxième moment, nous passerons en revue les variantes de la LXX qui véhiculent « l’idéologie » du traducteur ou un « accent » théologique. Le mérite de ce travail est triple : montrer (1) que l’étude du matériau textuel est le meilleur point de départ pour la recherche exégétique. (2) La prise en compte de multiples textes « physiques » dans la critique textuelle contribue à l’étude littéraire et rédactionnelle du texte biblique. (3) Les critiques littéraire et textuelle se compénètrent dans la création des textes, car il est probable que la transmission de certains textes avait déjà commencé avant l’achèvement de leur composition littéraire.