Être juive à Berlin entre 1933 et 1943 : L’œuvre de Gertrud Kolmar entre autocensure, dissimulation et témoignage.

(2022) L’écriture du témoignage. Récits, Postures, Engagements. — ISBN: [9782807619555], p. 200, published

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Lorsque les nazis arrivent au pouvoir le 30 janvier 1933, la poétesse juive Gertrud Kolmar, de son vrai nom Gertrud Chodziesner, a 38 ans. Elle restera à Berlin où elle s’occupera de son père malade jusqu’à ce qu’elle décède en mars 1943, probablement à Auschwitz. Ainsi, elle devient le témoin de la persécution des Juifs dans sa ville natale, ce qu’elle documente à travers les Lettres à la sœur Hilde (1938–1943) et dans le cycle de poèmes La parole des muets (1933), publié à titre posthume en 1978. L’article démontre qu’un témoignage en situation de menace continuelle ne peut être qu’indirect et dissimulé, et contient souvent – par égard vis-à-vis de la sœur aimée – une forme particulière d’autocensure. De plus, les lettres furent contrôlées par la censure depuis 1940. Par contre, dans le cycle de poèmes en question, que la poétesse ne publia pas de son vivant, elle s’exprime plus librement en dénonçant les pratiques inhumaines dans les premiers camps de concentration et vis-à-vis des Juifs persécutés. Le langage poétique oscille ici entre dénonciation et dissimulation, entre autres, en historicisant le destin des Juifs.
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Berger, G. (2022). Être juive à Berlin entre 1933 et 1943 : L’œuvre de Gertrud Kolmar entre autocensure, dissimulation et témoignage. In Grazia Berger, Isabelle Meuret, Chiara Nannicini, Hubert Roland (ed.), L’écriture du témoignage. Récits, Postures, Engagements. (in press, p. p. 200). Peter Lang. https://hdl.handle.net/2078.5/231879