La thèse cherche à rencontrer une question pratique : comment les Églises chrétiennes de la région peuplée par les Igbos peuvent-elles construire leur unité en Jésus Christ (tâche oecuménique), tout en s'attelant ensemble à résoudre les problèmes humains fondamentaux que sont la promotion de la dignité de la personne, le développement socio-économique et une foi commune ? Le travail part de l'hypothèse que le salut, globalement considéré, constitue le but pratique de l'oecuménisme. Ce salut est compris comme un don divin, apporté par Jésus Christ qui, par l'Esprit, renouvelle la société humaine. Il y dépose des germes d'amour et de justice, de paix et de progrès, le croyant attendant l'accomplissement ultime lors de la parousie. La présence salvifique de Dieu ouvre la voie vers cet objectif. Concrètement, il s'agit alors d'encourager une transformation permanente des Églises, en vue de leur témoignage dans la société humaine. Plusieurs Églises vivent de traditions administratives, doctrinales et liturgiques qui ne servent pas toutes l'annonce du salut au XXIème siècle. Il est dès lors urgent de modifier ces structures. Aujourd'hui, il faut en outre que soit proposée la vérité chrétienne à travers des actions concrètes. Plus encore que d'accords théoriques ou de proclamations rhétoriques, c'est d'actions parlantes qu'on a besoin pour assurer la primauté de l'esprit et du coeur. Les composantes socio-économiques, politiques et culturelles du salut doivent désormais être intégrées dans la mission actuelle des Églises au sein du peuple Igbo. À ce propos, un test décisif sera la façon dont elles sauront inventer des manières originales de se compléter mutuellement dans leur engagement commun en vue du salut. Dans cette perspective, les diverses Églises devront être considérées comme des unités ou, mieux encore, comme des expressions de l'unique Église. Chacune d'elles est porteuse de dons particuliers, à mettre au service de la gloire de Dieu et du progrès humain, ce qui suppose un bon discernement et un usage correct de leurs valeurs et de leurs charismes respectifs. La « pratique oecuménique » sera alors fondée sur la complémentarité mutuelle et constituera un enrichissement pour tous. C'est sur cette base que les Églises pourront développer leur praxis salvifique de façon à la fois particulière et conjointe. Plus précisément, leur action consistera à valoriser tout ce qui encourage la solidarité et qui contribue ouvertement à la transformation de la société. Il s'agira de développer une stratégie à trois niveaux : l'intégration, la prévention et l'intervention. L'intégration visera à bâtir des structures qui permettent aux Églises chrétiennes de mener un travail commun dans le contexte régional. Cela requerra l'édification d'un consensus autour des axes essentiels de leur action ainsi que la formation commune des agents. Pour la prévention, les Églises auront à édifier ensemble des structures promotrices d'harmonie sociale. En ce qui concerne l'intervention enfin, les Églises devront assumer leur mission prophétique, en condamnant et en contrecarrant les divisions sociales, les injustices, la pauvreté et toute forme de déshumanisation.
Nwachukwu, E. C. (2005). Quest for salvation : an ecumenical challenge to the Christian denominations in Igboland-Nigeria. https://hdl.handle.net/2078.5/40905