[Début de l'éditorial] Les troubles acquis de la production écrite chez l’adulte sont longtemps restés dans l’ombre des troubles de la production du langage oral. Le fait que la parole soit première sur l’écrit et que, pour le commun des mortels, l’acquisition de compétences orthographiques se construise à partir de connaissances et d’habiletés issues de l’oral, a mené de nombreux chercheurs et cliniciens à privilégier l’oral, avec l’idée plus ou moins implicite que l’écrit se grefferait de façon « parasite » sur le système de l’oral, déjà existant. Ainsi que l’écrit Marie-José Béguelin dans l’introduction de l’article « point de vue » de ce dossier thématique (page 165) consacré à la production écrite et à ses troubles, « dans nos sociétés scolarisées, l’écriture est à la fois familière et méconnue ». Familière, parce qu’elle occupe une position de plus en plus centrale dans nos systèmes de communication actuels qui plébiscitent l’écrit sous toutes ces formes : sms, whatsapp, emails, etc. Méconnue car, faisant « l’objet d’idées reçues plus ou moins explicites, parfois contradictoires entre elles et néanmoins difficiles à déloger » (Béguelin, article à suivre), elle reste relativement peu étudiée. Ceci est particulièrement vrai dans les disciplines que sont la neuropsychologie et l’orthophonie/logopédie pour lesquelles, en regard de l’abondante littérature consacrée à la production orale, la production écrite a reçu nettement moins d’attention. [...]
Fossard, M., & de Partz de Courtray, M.-P. (2019). Neuropsychologie de l’écriture. Revue de Neuropsychologie : Neurosciences Cognitives et Cliniques, 11(3), 163-242. https://hdl.handle.net/2078.5/61264 (Original work published 2019)