Pendant plus d’un demi-siècle, le produit intérieur brut (PIB) a été considéré comme le principal indicateur de progrès économique et social, ce qui a contribué à une assimilation abusive entre croissance économique et amélioration du bien-être de tous. Mais sa position hégémonique lui est aujourd’hui contestée. Un vaste chantier de réflexion sur les limites du PIB et la manière de les dépasser est en cours. L’enjeu du débat est important, car façonner de nouveaux indicateurs de progrès, c’est potentiellement redéfinir nos finalités et réinventer la manière de les poursuivre. Nous procédons en quatre étapes. (1) Rappel du contexte historique dans lequel la comptabilité nationale a vu le jour, portée par un compromis social sur un objectif de croissance économique. (2) Raisons pour lesquelles l’assimilation du progrès à la croissance du PIB pose aujourd’hui des problèmes majeurs. (3) Existence d’une abondance d’indicateurs alternatifs ou complémentaires, qui soulèvent néanmoins une série de questions, de nature plus axiologique que technique. (4) Identification des enjeux du débat : occasion d’une redéfinition consensuelle des finalités et risque de soumission des finalités à une logique de rentabilité dont la gouvernance par les nombre serait une expression.
Cassiers, I., & Thiry, G. (2010). Du PIB aux nouveaux indicateurs de progrès : les enjeux d’un tournant historique. XXXes Journées de l’Association d’Économie Sociale, Charleroi. https://hdl.handle.net/2078.5/200785