La pratique des rouleaux mortuaires se développe dès l’époque carolingienne en réponse au besoin de cohésion spirituelle des communautés monastiques et canoniales, qu’incarne la demande croissante d’intercession pour les défunts. Les rouleaux mortuaires sont ainsi produits pour célébrer un individu dont la mémoire justifie une large circulation, ce qui manifeste de prime abord l’importance que leur accorderaient les communautés expéditrices. Et pourtant, tous ne sont pas conservés précieusement sur la longue durée : nombre d’entre eux sont démembrés et remployés rapidement, ce qui pousse Jean Dufour, l’éditeur du Recueil des rouleaux des morts, à les considérer comme des documents de rebut1. Preuve évidente de la nécessité du travail heuristique, l’étude critique de la conservation et du démantèlement des rouleaux mortuaires améliore significativement la compréhension d’une pratique constitutive du clergé régulier médiéval.
Université de PoitiersCentre d'Etudes Supérieures de Civilisation Médiévale
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Venturelli, E. (2024). De la mémoire au rebut. Enjeux de conservation des rouleaux mortuaires (800-1250). Atelier de l’historien.ne, Louvain-la-Neuve. https://hdl.handle.net/2078.5/272597