Pour décrire les correspondances de l’Antiquité, l’historien a pendant longtemps souffert - et dans certains cas souffre encore - d’un préjugé hérité de l’histoire littéraire, qui voudrait que tout se trouve dans Sénèque, Épicure et Platon, les « grands épistoliers » de l’Antiquité. Dès lors, toutes les lettres se voyaient jaugées à l’aune de ces « modèles », la définition de l’épistolaire antique paraissait se déduire de la Littérature grecque de Croiset ou des Lettres latines de Morisset-Thévenot. Cependant, la prise en compte des analyses nouvelles de lettres classiques issues des théories contemporaines de la littérature, ainsi que l’étude des correspondances non-littéraires découvertes par l’archéologie des XIXe et XXe siècles (en particulier les corpus grecs latins et coptes exhumés en Afrique du Nord à Tebtunis et Oxyrhynchos) conduisent à réviser ce préjugé et à montrer plus de prudence dans la caractérisation de l’épistolaire antique. // The historian has long suffered from a bias inherited from the history of literature to describe the ancient epistolary correspondence according to which Seneca, Epicurus and Plato, the "great letter writers" of antiquity, would be "models". But taking into account new analysis from contemporary theories of literature and the study of non-literary correspondence discovered by the archeology of the nineteenth and twentieth centuries (especially Latin and Greek Coptic corpora exhumed in North Africa Tebtunis and Oxyrhynchus) lead to revise this prejudice and demonstrate more prudence in the characterization of ancient letter-writing.
Burnet, R. (2003). L’épistolaire gréco-romain : présent par l’encre et le calame. Folia electronica classica. Published. https://hdl.handle.net/2078.5/55471 (Original work published 2003)