Bruxelles comme palimpseste : De la place de la nature dans le débat sur la ville

Roland, Lee Christopher
(2010) Bruxelles Nature-Urbaine ; Journée de rencontre entre chercheurs en partenariat avec l’IBGE-BIM — Location: Brussels (BE) (15.October.2010)

Files

20101015_RolandLC_Bruxelles-Natureurbaine_IntroductionDebat-InleidingDebat.pdf
  • Restricted Access
  • Adobe PDF
  • 412.53 KB

Details

Authors
  • Roland, Lee ChristopherUCLouvain
    Author
Abstract
Le rapport conceptuel et physique que nous entretenons avec l’instance naturelle conditionne notre manière de penser l’urbain et le non urbain. Si cette hypothèse a trouvé crédit chez plusieurs auteurs, le rôle de l’instance naturelle comme agent configurant des dynamiques territoriales reste occulté. La complexité des rapports entre nature et culture, ainsi que l’ancrage profond de certaines oppositions conceptuelles (naturel / artificiel, ville / campagne), permettent d’expliquer partiellement cette aporie. Cependant, à l’heure où la nature prend une place considérable au sein des politiques publiques par le biais de l’écologie et du développement durable, il nous semble nécessaire d’accorder toute notre attention à la mise en place d’un cadre conceptuel commun permettant d’appréhender cette problématique. S’en tenir aux concepts de nature jardinée (maîtrisable) et/ou de nature protégée (circonscriptible) en matière d’aménagement du territoire constitue en effet une réduction peu souhaitable. Cette vision des choses considère l’instance naturelle comme un objet manipulable au même titre que le bâti ou les infrastructures ; or, il y a fort à penser que la valeur sociologique et écosystémique de la réalité dénommée « nature » n’autorise pas une telle simplification. À ce propos, il est utile de rappeler le bouleversement culturel qui s’est opéré au XXe siècle dans la relation entre l’homme et le concept de nature suite à l’émergence de la notion d’écosystème au sein des sciences du vivant : en réintroduisant l’homme au sein de l’écosystème Terre et en soulignant sa finitude – c’est-à-dire le caractère fini des stocks aussi bien en aval qu’en amont des activités humaines –, celles-ci ébranlent la position moderne d’une humanité extérieure aux logiques naturelles et, par là même, elles remettent en question sa capacité de maîtrise sur ces logiques. [Feltz, 2003] Aborder la nature comme système semble donc constituer une tâche prioritaire. Elle nous demande de penser les relations entre des instances auparavant considérées comme autonomes : le naturel et l’artificiel, la ville et la campagne, l’urbain et le non urbain, la densité et l’ouverture. Et, à cette fin, une réflexion sur les échelles – c'est-à-dire sur la nature des rapports observables entre différents éléments inscrits spatialement et temporellement – se doit d’être menée. C’est en effet par ce biais que ces relations deviennent comparables et objectivables sur base de référents situés dans l’espace et dans le temps. Définir de tels référents n’est cependant pas chose aisée tant ils peuvent donner lieu à une multiplicité de points de vues. Une attention particulière doit donc être accordée à la notion de limite, c’est-à-dire au seuil à partir duquel les phénomènes observés ne sont plus appréhendables ou deviennent négligeables. Pour ce faire, il ne s’agit pas uniquement de considérer les contours physiques et conceptuels que l’on associe à un phénomène, ou encore sa profondeur historique ; il s’agit aussi de s’intéresser au cadre d’investigation et à la construction méthodologique choisis pour l’appréhender. [Feltz, 2006 ; Lussault, 2007]
Affiliations

Citations

Roland, L. C. (2010). Bruxelles comme palimpseste : De la place de la nature dans le débat sur la ville. Bruxelles Nature-Urbaine ; Journée de rencontre entre chercheurs en partenariat avec l’IBGE-BIM, Brussels (BE). https://hdl.handle.net/2078.5/209283