Le re-wilding ou ré-ensauvagement ; une tentative de réponse sur le plan des imaginaires socio-politiques à la polycrise de l’extinction

(2024) Réduire les freins à l’engagement climatique : une approche transversale par les sciences humaines et sociales — Location: Louvain La Neuve (23.May.2024)

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Dans un contexte de crise de la modernité et de désenchantement du monde, les pratiques classique de conservation de la nature sont remises en question par le rewilding, un mouvement qui s’appuie explicitement sur un travail sur les imaginaires (Gammon, 2018). Le rewilding est un courant inspiré par des philosophes et des biologistes qui propose de préserver le caractère sauvage de la nature en limitant l’intervention humaine et en favorisant l’autonomie des écosystèmes (Gammon, 2018). Ce courant défend notamment la réintroduction de prédateurs (ours ou loups notamment) comme ayant une capacité à régénérer les chaines trophiques et donc la richesse d’un écosystème (Morizot, 2016). Ce faisant, le rewilding se positionne en dialogue avec deux grands méta-récits politiques. Premièrement, le rewilding s’inscrit dans un mouvement de post-humanisation, au sens de la fin d’une société centrée exclusivement sur l’humain. L'humanisation de la société est un phénomène récent qui fait suite à l'abandon des animaux de travail. Ce phénomène est remis en question actuellement par les avancées de la robotique et des intelligences artificielles (Badmington, 2003). Le rewilding, souhaitant redonner de l'agentivité à des prédateurs qui peuvent parfois entrer en concurrence avec certaines pratiques humaines (agropastoralisme en particulier), vient ouvrir une autre brèche vers la posthumanisation. Ensuite, ce courant se fonde sur une opposition au capitalisme (Buscher & Fletcher, 2020) et plus largement aux fondements de la modernité, en particulier le dualisme cartésien avec son modèle de l’animal-machine et la volonté de contrôle et de surveillance (Foucault, 2004). Mais son application sur le terrain lève des boucliers et peut générer des oppositions radicales. Avec l’appui d’exemples centrés sur des controverses lié au rapport à la mort et à la prédation, je propose d’analyser la façon dont le rewilding parvient (ou non) à renouveler nos imaginaires de la nature sauvage. BIBLIOGRAPHIE Badmington, N. (2003). Theorizing Posthumanism. Cultural Critique, 53, 10‑27. Buscher, B., & Fletcher, R. (2020). The Conservation Revolution : Radical Ideas for Saving Nature Beyond the Anthropocene. Verso. Foucault, M. (2004). Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979 (Gallimard-Seuil). Gammon, A. R. (2018). The Many Meanings of Rewilding : An Introduction and the Case for a Broad Conceptualisation. Environmental Values, 27(4), 331‑350. https://doi.org/10.3197/096327118X15251686827705 Morizot, B. (2016). Les Diplomates : Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (1er édition). WILDPROJECT.
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Citations

Gane, A. (2024). Le re-wilding ou ré-ensauvagement ; une tentative de réponse sur le plan des imaginaires socio-politiques à la polycrise de l’extinction. Réduire les freins à l’engagement climatique : une approche transversale par les sciences humaines et sociales, Louvain La Neuve. https://hdl.handle.net/2078.5/234109