Donner du gout à nos liturgies est une question majeure et évidente pour la plupart des personnes engagées dans la préparation et la célébration des liturgies catholiques dans les pays d’ancienne chrétienté. C’est pourtant une manière radicalement nouvelle de penser et d’appréhender la liturgie. Pendant des siècles, la question n’était pas du tout celle d’apprécier ou non la liturgie dominicale. Il fallait surtout et d’abord y venir pour accomplir son « devoir dominical ». La participation à la messe dominicale en Europe de l’Ouest s’est réduite partout à moins de 10 % et jusqu’à moins de 1 %. De nombreux baptisés catholiques ne ressentent pas la nécessité de se déplacer à l’église le dimanche, ni même de regarder la messe à la télévision ou sur internet. La plupart de nos contemporains, y compris ceux et celles qui se disent catholiques, n’ont pas de motivation suffisante pour la messe dominicale régulière. Le diagnostic est alors sévère : ils et elles n’y trouvent rien justifiant le déplacement. Le subjectivisme régnant aujourd’hui et le « chacun son gout » ne suffisent pas pour rendre compte de cela. Ces liturgies n’ont pour eux pas assez de gout, voire aucun gout. Des jalons pour ce qui demeure un vaste chantier sont proposés par l'auteur la place désormais nécessaire à faire à l’émotion dans les liturgies.
Join-Lambert, A. (2018). Une liturgie désirable. Critères de discernement. In Arnaud Join-Lambert (dir) (ed.), Donner du goût à nos liturgies (p. p. 35-61). Lumen Vitae. https://hdl.handle.net/2078.5/22925