Ce texte de cadrage introduisant le numéro de la revue en ligne LHT réfléchit aux emplois de « poétique » pour qualifier les productions non littéraires les plus diverses, en soulignant son importance actuelle dans les usages triviaux, jusqu’à parler d’une forme de « dé-ringardisation » de la notion à grande échelle. Les auteurs soulignent en miroir ce que nous apprennent de l’idée de poésie les usages concrets du terme, en particulier son mouvement centrifuge et sa plasticité. Ce texte s’attache à présenter un petit panorama du « poétique » hors les murs, dans le cinéma, dans les arts visuels, à la radio ou encore en architecture. Trois hypothèses principales sont avancées : « poétique » renvoie à une logique essentialiste de l’idéal moderniste de réalisation d’un art « pur », à une forme d’écart, notion développée en son temps par Jean Cohen, mais encore à un « je-ne-sais-quoi » tendant vers le résidu, le surplus voire le débordement, qui rappelle la notion barthésienne d’ « obtus ».
Cohen, N., & Reverseau, A. (2017). Un je ne sais quoi de « poétique » : questions d’usages. LHT-Fabula: « Un je-ne-sais-quoi de « poétique » », 18. https://hdl.handle.net/2078.5/94473 (Original work published 2017)