(fr) Depuis les années 90, mais surtout 2000, des dizaines de milliers de migrants brésiliens non autorisés sont arrivés en Belgique, et en particulier à Bruxelles. Alors que la Belgique est une destination de dernier ordre dans l’imaginaire des Brésiliens sur l’Europe, ils sont confrontés également à des difficultés inattendues dans la réalisation de leur projet migratoire, qui a un objectif principalement économique. En arrivant à Bruxelles, les migrants se trouvent d’emblée dans la « rua » (« rue »), lieu de l’« individu » en situation d’« égalité », soumis à des règles impersonnelles et où règne la compétition (DaMatta, 1986, 1997). La diaspora brésilienne devient une donnée paradoxale car sans papiers pour la plupart et ne connaissant pas le français, elle est à la fois leur seul recours et source de multiples tensions. Pour ceux qui sont pentecôtistes, la foi, les critères religieux permettent d’examiner les autres dans leurs pratiques et de tisser un « voisinage » (Soares, 2009) dans l’église. Celui-ci permet de créer un certain degré de « casa » (« maison »), lieu de la « personne », de la solidarité et de l’échange (DaMatta, 1986, 1997) et de faire face à la « rua ». Ou au contraire, en mesurant les autres avec les critères de la foi pentecôtiste, certains ne voient dans le « voisinage » de l’église que la « rua », ce qui les amènera à être crente (croyant) sans église.
Mareels, E. (2015). The church as a “neighbourhood” for Brazilian Pentecostals in Brussels. 33e Conférence de la Société Internationale des Sciences des Religions, Louvain-la-Neuve. https://hdl.handle.net/2078.5/47574