Points clés à prendre en compte dans la prise de décision quant à la mise à l’échelle des interventions évaluées positivement dans les projets pilote du Protocole 3 : 1) Le coût actuel lié au soutien à domicile des personnes âgées fragiles si elles ne bénéficient pas des interventions mise en œuvre dans le cadre des projets pilote du Protocole3 est important. Il est estimé à 3,4 milliard € (hors hospitalisation et aide informelle). Celui-ci permet de relativiser le montant à investir pour mettre à disposition les interventions évaluées positivement aux personnes âgées dépendantes de 65 ans et plus vivant chez elles. 2) l’investissement requis pour offrir du case management, de l’ergothérapie et du soutien psychologique apportera 3 types de résultats positifs pour les profils décrits. Cet investissement permettra : (a) d’éviter des effets délétères au niveau de la santé des personnes âgées, (b) de mieux réorienter les dépenses de soins en réduisant l’utilisation de soins à faible valeur ajoutée et en mettant à disposition les ressources pour l’utilisation des soins à haute valeur ajoutée (c) d’éviter des pertes financières à six mois, si ces interventions ne sont pas mises en œuvre. 3) La balance des couts montre que la mise en œuvre des interventions proposées par les projets Protocole 3 devrait aboutir à un bénéfice net pour la Belgique. En effet, ces interventions permettent de réduire le coût des soins de santé remboursés liés à la dépendance. 4) Cela n’aurait pas de sens de budgétiser en une seule fois le coût des interventions pour la prise en charge de l’ensemble des personnes âgées ayant besoins soit de soutien psychologique, soit d’ergothérapie, soit de case management. Il est évident que la mise à l’échelle du case management par des case manager professionnels doit être progressive pour des raisons : (a) de formation professionnelle (des compétences spécifiques sont nécessaires) (b) de capacité d’inclusion de nouveaux patients (c) de « préparation nécessaire » du système de soins et d’aide. En effet le case management n’a de sens que dans une logique plus globale de soins intégrés. La Belgique s’est engagée dans un vaste programme de réforme dans cette perspective. 5) Un scénario de mise à l’échelle en au moins deux temps est nécessaire : (a) A moyen terme (dans un délai de 5 à 10 ans), le développement du case management devrait être financé à plus grande échelle par de l’argent rendu disponible suite à une diminution de dépenses sur des services à faible valeur ajoutée. Mais cette diminution de dépenses pour des services à faible valeur ajoutée ne sera possible que si on commence à faire du case management « de qualité » (comme cela a été en partie montré suite à l’évaluation des projets du Protocole 3). (b) A court terme donc (pour les 5 années à venir), un investissement de départ est donc nécessaire (20 millions) pour initier la mise à l’échelle et accompagner la mise en œuvre. La manière dont cet investissement sera attribué pourrait notamment s’appuyer sur les résultats de l’évaluation des projets du Protocole 3 (définissant un bon case management, les conditions et les résultats attendus en termes de meilleure utilisation de services).
Van Durme, T., Lambert, A.-S., Cès, S., Declercq, A., Mello de Almeida, J., Remmen, R., Anthierens, S., Lopez-Hartmann, M., & Macq, J. (2018). Aanbevelingen op basis van de resultaten van de wetenschappelijke evaluatie van de Protocol 3 projecten. Meeting the innovative Protocol 3 projects, Brussels. https://hdl.handle.net/2078.5/26021