L’européanisation des syndicats belges et allemands : entre droit, imaginaire et politique (1972-1985)

Jouan, Quentin
(2017)

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Authors
  • Jouan, QuentinUCLouvain
    author
Supervisors
Dujardin, Vincent
;
Tilly, Pierre
Abstract
(fr) Parmi les différentes formes institutionnelles qu’a pu prendre l’Europe, la Communauté économique européenne occupe une place de choix. Dans le sillage du Conseil de l’Europe et de la CECA, l’Europe n’est plus seulement un mythe mais elle est foncièrement un fait qui s’impose. Comment les organisations des États-membres de la Communauté réagissent-elles à ce fait européen qui s’impose ? Quelles en sont leurs représentations ? Quels sont les dialogues ou confrontations qui s’établissent ? Quels sont les impacts sur leurs administrations ? Ces questions sont au cœur de notre démarche, qui se concentre sur la période 1972-1985 et sur le cas particulier des syndicats belges et allemands. La perception syndicale de la Communauté européenne est fortement empreinte d’une rhétorique de la nécessité. L’intégration européenne est ainsi jugée indispensable pour pallier les insuffisances des structures nationales qui sont de moins en moins à même de résoudre par elles-mêmes les défis de leur temps, qu’ils soient structurels (concentration du capital et développement des entreprises multinationales) ou conjoncturels (crise énergétique et économique). La rhétorique de la nécessité ne débouche pas sur une approbation béate. Si la Communauté n’est pas contestée en elle-même, les syndicats regrettent vigoureusement le tournant qu’elle aurait amorcé, le jugeant trop favorable au patronat et aux multinationales. Dans son aspect matériel, l’européanisation syndicale passe d’abord et avant tout par la Confédération européenne des syndicats, sur laquelle les organes de décision nationaux se déchargent énormément, faisant montre d’une très faible appropriation des enjeux européens. L’Europe reste un objet distinct et extérieur. Cette européanisation syndicale est avant tout hétéronome en ce qu’elle dépend des impulsions provenant de la CES ou de la Commission. Enfin, l’Européanisation présente une dimension nationale prononcée. Tandis que les syndicats font un usage de l’Europe à leur profit, leurs revendications mais aussi leurs possibilités de dialogue varient fortement au gré des éléments caractéristiques de l’État dans lequel ils opèrent.
Affiliations

Citations

Jouan, Q. (2017). L’européanisation des syndicats belges et allemands : entre droit, imaginaire et politique (1972-1985). https://hdl.handle.net/2078.5/93819