Cette étude porte sur la manière dont Ange Politien (1454-1494) défend contre l'un de ses collègues humanistes la valeur de la doctrine stoïcienne d'Épictète dont il s'est fait le propagateur en publiant, en 1479, une traduction latine de l'Enchiridion. Il n'est pas anodin que, dans la Florence du XVe siècle, qui apparaît à bien des égards comme le berceau d'une renaissance platonicienne, Politien choisisse de défendre Épictète en arc-boutant sa doctrine sur celle de Platon, dans le prolongement de laquelle elle s'inscrirait. Ce faisant, Politien témoigne d'une réception très orientée de la pensée stoïcienne et se place lui-même dans la suite des lectures néoplatoniciennes du Manuel, celle de Simplicius (VIe siècle) en tête. Le présent article se concentre sur le texte de la lettre adressée par Politien pendant l'été 1479 à son collègue et contradicteur Bartolomeo Scala, puisque c'est dans cet écrit qu'il réagit aux critiques lancées par ce dernier contre la doctrine d'Épictète.
Mercier, S. (2006). Un Ange au secours du Portique : autour de la traduction du Manuel d’Épictète par Politien. Folia electronica classica, 11. https://hdl.handle.net/2078.5/35384 (Original work published 2006)