L’entreprise non exclusivement capitaliste est un phénomène économique dont le caractère genré reste sous-étudié. Suite à la vague post-2016 (#MeToo, Women’s March), de nouvelles formes d’entrepreneuriat ont émergé, souvent modestes et précaires, inspirées des valeurs du féminisme. Par définition, ces feminist businesses (FB) opèrent à l’intérieur de marchés capitalistes mais leurs fondatrices tendent à vouloir vivre et travailler autrement. Les pratiques économiques des FB peuvent-elles être considérées comme des formes d’activisme ou sont-elles inévitablement cooptées par le système? Explorer la tension au sein de laquelle opèrent les FB est précisément l’objet de cette recherche. Il s’agit d’examiner les raisons d’entreprendre des fondatrices de FB et d’identifier leurs pratiques économiques concrètes pour interroger ce qu’elles révèlent du caractère intersectionnel des discriminations vécues, des contradictions du capitalisme et de la possibilité d’y résister de l’intérieur.
Bastiat, N., & Degavre, F. (2026). Feminist Businesses and Feminist Economic Practices: Safer Spaces, Constructive Resistance, and Alternative Activism. Genre et économie: remise du prix du comité Femmes et Sciences, Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/270080