L'espace public pris en otage ?

(2017) A+ — Vol. Dis-Count, p. 39-44 (2017)

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Qui n’a jamais été tenté, lors d’un voyage au bout du monde, de retrouver ne fut-ce qu’un instant le confort rassurant d’un grand hôtel, l’anonymat d’une chaîne de restaurant international, le goût standardisé d’un soda ou l’ambiance aseptisée des commerces toujours identiques de l’aéroport international ? Dans ces univers parallèles et curieusement familiers, l’étonnement et le rythme du cycle des saisons disparaissent. Les grands centres commerciaux qui s’installent dans nos villes sont de tels lieux, des non-lieux diront certains. Ces espaces se fondent sur une caractéristique majeure : la réplicabilité. Ils se démarquent par une absence quasi complète de relation aux identités locales, qu’elles soient culturelles, historiques voire même météorologiques (il y fait toujours beau) pour se répéter à l’identique aux quatre coins de la planète. Ils éloignent provisoirement le chaland de la complexité de son environnement social et domestique. A l’instar du livre facile que l’on achète dans les gares, leur principal atout est de ne réserver à l’usager aucune surprise, de n’offrir aucune rencontre imprévue. Selon Antoine Picon, ces espaces génériques, sortes d’immenses parenthèses dans notre monde tendent à devenir les derniers espaces publics de nos sociétés. Par conséquent, la qualité publique de ces lieux doit être questionnée pour comprendre dans quelle mesure ils sont capables de constituer l’espace du lien social.
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Citations

Ledent, G. (2017). L’espace public pris en otage ? A+, Dis-Count, 39-44. https://hdl.handle.net/2078.5/177527 (Original work published 2017)