Le français dit "de référence" est généralement assimilé à la variété de français qu'élaborent les dictionnaires et les grammaires, ce français que l'institution scolaire a pour mission traditionnelle d'enseigner, celui à l'aune duquel les francophones évaluent la légitimité linguistique de leurs productions ou celles de leurs contemporains, celui qu'écrivent les "bons" auteurs, celui dont on parle, ... mais qu'on ne parle pas. Corpus d'exclusion, étalon de mesure,représentation mythique/mystique, le français de référence - sous cette dénomination relativement récente ou sous d'autres plus anciennes (français standard, français normé, etc.) - est depuis longtemps au coeur des recherches tant des linguistes que d'autres spécialistes en matière d'enseignement et de diffusion du français. Il est aussi consubstantiel à l'émergence d'un "dialecte qui a réussi" et, à ce titre, il est indissociable de l'histoire de la langue française. Les chercheurs réunis autour de cette thématique en novembre 1999 à Louvain-la-Neuve, à l'initiative du centre de recherche VALIBEL (Université catholique de Louvain) ont permis de faire progresser la compréhension de ce concept clé, tant sur le plan théorique que sur le plan méthodologique. Les trente contributions retenues pour les Actes soulignent les mutations qu'a connues ce concept dans les différents domaines de la linguistique française, ainsi que les conséquences qui s'en dégagent dans les pratiques actuelles des linguistes, des didacticiens et des spécialistes de l'aménagement linguistique.
Francard, M. (2000). Le français de référence. Constructions et appropriations d’un concept. Volume I. Institut de linguistique. https://hdl.handle.net/2078.5/153290