Les violations massives des droits de l’homme commises dans le Kivu, perpétrées de génération en génération depuis environ trois décennies, ne sauraient trouver de réponses satisfaisantes sans effective participation des victimes et d’autres acteurs qui interviennent dans le processus de répression de telles violations, à savoir des organisations non gouvernementales (ONG) tant nationales qu’internationales ainsi que des médias. Ainsi, en partant des piliers de la justice transitionnelle, cet article explore les expériences encourageantes et les insuccès de leur mise en œuvre. Elles ont presqu’unanimement adopté une approche institutionnelle du type top down dans la répression des crimes internationaux en RDC. L'expérience et la pratique sur le terrain montrent que ces approches institutionnelles, établies et mises en œuvre sans une participation et une inclusion effective du peuple congolais en général et des victimes en particulier, dépendent de l'action politique et sont limitées par des facteurs externes tant géopolitiques que socio-économiques. L’article milite pour le changement de schémas, au profit d’une approche bottom-up qui place la participation des victimes et des acteurs non-institutionnels au centre du processus juridictionnel relatif à la répression des crimes de masse.
Kakule Sindani, J., & et al. (2024). Reconstruire la justice depuis la base. Pour une approche bottom-up dans la mise en œuvre des mécanismes de justices transitionnelles en RDC. https://hdl.handle.net/2078.5/270784