Recension. En nos temps d’anglicisation du monde académique, de technicisation des disciplines juridiques et d’une pression à la publication causant la multiplication de brefs articles, on relève avec plaisir la publication d’une monographie en français, relevant résolument de la théorie générale du droit et faisant montre, à la fois, d’ambition par son objet et d’endurance dans sa rédaction (5 ans !) : Décrire le droit... et le transformer. Essai sur la décriture du droit, de Vincent Forray et Sébastien Pimont.Par la « décriture », néologisme combinant les termes « description » et « écriture » ici utilisé dans le champ du droit, ces deux auteurs visent l’invention collective et involontaire ou inconsciente de l’ordre juridique, par les juristes, lorsqu’ils décrivent le droit : pour eux, « il apparaît que le droit ne serait pas seulement déterminé par des sources (la loi, la jurisprudence, la coutume...) ou par des autorités qui interprètent (la doctrine, le juge, les juristes...). Il le serait aussi par l’activité d’écriture des juristes. Celle-ci constituerait plus précisément une "modalité d’existence du droit selon une phénoménalité diffuse". (...)
Bernard, D. (2018). V. Forray et S. Pimont, Décrire le droit… et le transformer ? Essai sur la décriture du droit. Droit et Société, 99(2), en ligne. https://hdl.handle.net/2078.5/172293 (Original work published 2018)