A partir d’une relecture des lettres Sur l’esprit et la lettre en philosophie de 1795, nous proposons une réévaluation de la pulsion esthétique dans son rôle d’agent d’historicisation du Moi. Nous commençons par opposer une méthode philosophique de la lettre axée sur la réception passive d’un objet à celle de l’esprit qui s’intéresse à la relation pulsionnelle du sujet à son objet. Cette distinction s’articule sur la structure anthropologique de la pulsion fichtéenne qui différencie les pulsions théorique, pratique et esthétique. Nous y montrons que la pulsion esthétique joue une fonction primordiale dans le passage d’une activité idéelle du Moi à sa réalisation matérielle. Cette démonstration explique le rôle particulier de la création dans le système du jeune Fichte comme l’acte qui permet l’éveil de ces pulsions chez le récepteur ouvrant ainsi la voie de la formation de son esprit.
Derroitte, E. (2015). L’esthétique pulsionnelle de Fichte comme théorie de l’auto-création. Revue philosophique de la France et de l’étranger, 1(1), 37-56. https://hdl.handle.net/2078.5/46329 (Original work published 2015)