(fr) Fondée sur l’ethnographie d’un cercle d’affaires bruxellois, cette thèse s’intéresse aux élites économiques belges à partir des lieux dans lesquels ils évoluent en vertu de leur position de pouvoir professionnelle et économique. Par la description systématique de ces lieux, de ceux qui y évoluent et de ce qu’ils y disent, le texte explore d’abord les questions liées aux décors, à travers le privilège spatial et le luxe ordinaire, puis aux corps, en insistant sur l’homogénéité des membres entre eux, qui sont, dans leur écrasante majorité, des hommes, blancs, de plus de quarante ans, appartenant à la classe bourgeoise, pour finalement s’intéresser aux discours. Ceux-ci portent à la fois sur la gestion des entreprises que les membres dirigent et sur un ensemble de valeurs en commun, qui sont produites et reproduites dans des lieux comme le Cercle. Celles-ci concernent la place qu’ils occupent (et les registres de justification qui y sont liés), la réussite, ce qui comptent à leurs yeux et, plus généralement, leur vision du monde et le rôle qu’ils pensent y jouer. Cette dernière partie inscrit résolument cette recherche dans le champ d’une anthropologie (féministe) du capitalisme.