Les indications cliniques de neutrons rapides, délivrés dans des conditions techniques similaires à celles des photos se sont dégagées à partir d’essais cliniques pluricentriques randomisés. Leurs résultats ont permis de conclure aux avantages de la neutronthérapie, notamment dans le traitement local du cancer avancé des glandes salivaires et de celui de la prostate. <BR> Les neutrons se différencient des photons par leur haute densité d’ionisation ou, ce qui revient au même, par leur valeur élevée de Transfert Linéique d’Energie (TEL). Si dans la gamme des faibles TEL propres aux rayonnements conventionnels (photons, électrons), on observe que peu de variation de la réponse biologique en fonction de la qualité des faisceaux, il n’en est pas de même dans la gamme des hauts TEL où la réponse est susceptible de varier significativement selon les énergies. Il en résulte que les doses de neutrons devront être pondérées par un paramètre biologique qui tient compte des différences d’efficacité en fonction de l’énergie effective des neutrons. C’est dans ce contexte que s’inscrit notre étude. <BR> En utilisant deux systèmes biologiques, l’un, Vicia faba, système végétal répondant à des faibles doses uniques, l’autre, le jéjunum de la souris, répondant à des doses uniques élevées, une différence de l’effet biologique exprimée par l’Efficacité Biologique Relative (EBR) atteint 50% dans une large gamme d’énergie de neutrons utilisées en clinique. La variation de l’accroissement de l’EBR en fonction de l’énergie décroissante des neutrons est plus importante avec le système recourant à des faibles doses uniques. Nous avons confirmé cette observation dans une longue expérience in vivo avec le poumon de la souris, tissu à haute capacité de réparation, en utilisant une procédure de multifractionnement et comparant des neutrons d’énergie voisine. Une différence de l’EBR de 20% a été objectivée pour les doses par fraction de l’ordre de celles utilisées en thérapie, alors qu’avec une dose unique pour ce même tissu pulmonaire la différence n’était que de 5%. L’Efficacité Biologique Relative d’un faisceau de qualité donnée par rapport à un faisceau de référence se définit par un rapport de doses de sorte que toute variation de l’EBR se traduit par une variation similaire des doses. Il est donc indispensable dans la conduite d’une étude pluricentrique impliquant des faisceaux de neutrons d’énergie différente de doubler les comparaisons dosimétriques avec une comparaison radiobiologique