Le concept de « populisme » a pris une telle ampleur depuis – au moins – une quinzaine d’années, qu’il met aujourd’hui les chercheurs en sciences sociales et en philosophie politique dans une situation très embarrassante. Son omniprésence dans les discours politico-médiatiques, notamment en Europe, mais bien au delà, son caractère idéologiquement surchargé, son extension remarquablement large sur le spectre politique, ses significations multiples et contradictoires, ses usages polémiques et le flou savant où il se cache le plus souvent – tous ces traits caractéristiques en font un concept peut-être indispensable pour analyser les phénomènes politiques contemporains, dont il est l’un des schèmes récapitulatifs les plus suggestifs. Mais c’est surtout un concept qui nous apparaît de prime abord aussi nécessaire qu’impossible à définir, dans une proposition générale susceptible de rendre compte, de manière aussi pertinente qu’intelligible, des lignes de conflit qui se croisent en lui.
Landenne, Q., Deleixhe, M., Lorenzini, D., & et al. (2020). “(Dis-)qualifier le populisme?”. Revue européenne des sciences sociales, 58(2 (2020)). https://hdl.handle.net/2078.5/173965 (Original work published 2020)