La trajectoire genrée des mobilisations dans l’Egypte en effervescence « révolutionnaire »
Djelloul, Ghaliya
(2014) Chronique féministe — n° 113, p. 32-35 (2014)
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Djelloul, GhaliyaUCLouvain
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Au moment des mobilisations de masse qui secouaient l'Egypte en janvier 2011, les femmes engagées dans les luttes rejoignent les revendications globales des révolutionnaires, avant tout socio-économique (du pain), mais également socio-politique (de la liberté et de la dignité). Elles luttent pour l’ouverture d’une scène politique alternative où elles auraient voix au chapitre en tant que citoyennes, à égalité avec les hommes. Les rapports sociaux de sexe apparaissent comme un enjeu de fond des changements en cours en Egypte. L’Etat, qui a joué un rôle central dans l’affaiblissement de la structure économique du patriarcat, échoue à se substituer à celui-ci comme il y aspirait, expliquant l’alliance nouée avec la mouvance islamiste. C’est donc bien le régime en place qui a contribué à rendre possible la participation massive des femmes aux soulèvements, tout en tentant d’endiguer les effets de cette transformation profonde par la réaffirmation d’une masculinité hégémonique par le biais de l’orthodoxie religieuse d’une part, et de l’ultra-nationalisme de l’autre.
Djelloul, G. (2014). La trajectoire genrée des mobilisations dans l’Egypte en effervescence « révolutionnaire ». Chronique féministe, 113, 32-35. https://hdl.handle.net/2078.5/95630 (Original work published 2014)