(2019) La responsabilité sociale des entreprises à l’égard des religions, des cultures et des convictions — Location: Université de Sherbrooke, Montréal (13.June.2019)
La responsabilité de l’entreprise vis-à-vis de la religion s’est vue réinterrogée ces dernières années à la faveur d’une tendance inédite. L’on assiste en effet à l’invocation de plus en plus fréquente de l’idée de neutralité au sein des entreprises privées en Belgique et en France, en tant que politique de gestion du fait religieux sur le lieu de travail. Cette invocation de la neutralité par l’entreprise entre potentiellement en tension avec sa responsabilité du point de vue du respect des principes de liberté de religion et de non-discrimination. Pour répondre à cette question de la compatibilité entre RSE et neutralité de l’entreprise, deux variables apparaissent comme particulièrement pertinentes. En premier lieu, il s’agit d’interroger les acceptions possibles de la notion de neutralité telle qu’invoquée dans le cadre de l’entreprise privée. La neutralité consiste-t-elle davantage en une méthode instrumentale de gestion des relations de travail, ou à l’inverse en un choix idéologique – voire politique – revendiqué par l’entreprise ? En outre, l’objectif poursuivi par l’invocation de cette neutralité est-il plutôt interne (bon fonctionnement de l’entreprise) ou externe (image de marque) ? Deuxièmement, les caractéristiques organisationnelles de l’entreprise jouent également un rôle dans ce contexte, à la fois du point de vue de sa taille (nombre de travailleurs ou d’implantations), de sa dimension locale ou multinationale, de son management et actionnariat (familial ou non) ou encore de son secteur d’activité. Nous verrons que le croisement de ces deux critères opère des effets tangibles du point de vue de la manière dont peut être envisagée la RSE de l’entreprise neutre à l’égard de la religion.
Vanbellingen, L. (2019). L’entreprise neutre face à ses responsabilités vis-à-vis de la religion. La responsabilité sociale des entreprises à l’égard des religions, des cultures et des convictions, Université de Sherbrooke, Montréal. https://hdl.handle.net/2078.5/239857