L’habitat alternatif collectif comme "nouveau" mode d’habiter, entre utopie et réalité́, entre participation à un projet et construction d’un chez-soi

Demonty, François
(2013) Colloque international : “Alternatives de propriété pour l’habitat” — Location: Tours, France (28.October.2013)

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  • Demonty, FrançoisUSL-B
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L’habiter, comme dimension fondamentale de l’être humain et comme espace de cristallisation des utopies, a inspiré de nombreux artistes et auteurs en sciences sociales. La compréhension de l’habitat exige de faire intervenir une multiplicité de registres. Lorsque nous traitons cette problématique, nous touchons à une dimension fondamentale de l’individu comme être domestiquant son environnement et aménageant l’espace pour servir de support de médiation dans lequel prennent corps les échanges sociaux et s’illustrent les modes de vie, les conceptions du monde et les valeurs d’une société qui évolue. Si le modèle du logement unifamilial a réussi à s’imposer comme étant la norme en terme de mode d’habiter dans la plupart des pays occidentaux, nous avons pu observer l’émergence dans les années 70 de mouvements proposant des alternatives à la conception classique de la propriété privée et de son usage. Ces mouvements marqués par un idéal utopique se sont quelque peu essoufflés dans les années 80-90 avant de connaître un regain depuis le début des années deux mille dans un contexte de crise transnationale du logement et de crise économique plus globalement. Phénomène transnational également, ce qu’on appelle le « cohousing » dans les pays anglo-saxons et en Italie, le « kollectivus » en Suède, les « Baugruppen » en Allemagne, le « centraal wonen » aux Pays-Bas, les « bofaelleskaber » au Danemark ou encore l’ « habitat groupé » ou « habitat participatif » en France et en Belgique, même s’il ne constitue pas encore un mouvement structuré, possède néanmoins une certaine cohérence au niveau de ce qu’il propose comme mode d’habiter. Cette communication portera sur le phénomène de l’habitat alternatif collectif (habitat groupé, intergénérationnel) en Belgique francophone. En nous basant sur notre terrain de recherche pour notre travail de thèse en cours, nous proposerons un regard sociologique sur les tensions que peuvent contenir de tels projets quant au hiatus entre idéal et réalisation, tant par rapport aux freins institutionnels liés notamment au contexte juridique belge que par rapport à la nécessité de combiner la dimension collective de participation à un projet et le besoin individuel de se constituer un chez-soi pour chaque habitant. La question de la construction d’un chez-soi se pose différemment dans un habitat dont une partie est partagée avec un collectif et qui nécessite une démarche participative au projet de la communauté. Chaque individu venant avec son propre background en terme de parcours résidentiel, il s’agira de négocier, de trouver des compromis, de faire des aménagements pour arriver à « vivre ensemble, chacun chez soi » (Iorio, 2011). En toile de fond de cette communication, nous voudrions insister sur la capacité de l’individu de s’approprier un espace pour réellement l’habiter mais aussi sur la créativité sociale dont font preuve des groupes sociaux pour créer ou recréer des alternatives à l’habitat unifamilial pour à la fois faire face au contexte de crise économique et proposer des modes d’habiter plus solidaires et collectifs.
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Demonty, F. (2013). L’habitat alternatif collectif comme “nouveau” mode d’habiter, entre utopie et réalité́, entre participation à un projet et construction d’un chez-soi. Colloque international : “Alternatives de propriété pour l’habitat”, Tours, France. https://hdl.handle.net/2078.5/200873