Une recherche fondamentale vise à adresser les questions les plus larges possible à son objet. Pour l'architecture il n'y a pas d'interrogation avant celle de sa raison : pourquoi y a-t-il de l'architecture ? La réponse s'avère d'autant moins évidente que l'architecture n'est pas un besoin universel. D'autres cultures que la nôtre évitent d'élever des murs ou de diposer des lieux. Il convient dès lors de reprendre la question : le caractère particulier de l'architecture indique-t-il un luxe ou un engagement spécifique, ni meilleur ni pire qu'un autre, pour répondre à un manque qui touche chaque être humain ? Au second rang derrière la raison demeure la question de la constitution de l'architecture. De quoi est-elle faite ? Quels sont ses éléments et en quelles relations se tiennent-ils ? Enfin, en troisième ligne est la question de sa détermination. Comment l'architecture est-elle mise en place ? La diversité des édifices prouvant à souhait l'infinité combinatoire des éléments d'architecture, il faut bien que quelques nécessités aient été trouvées pour les ordonner. Mais quels sont les déterminants de l'architecture et quels effets servent-ils ? La thèse aborde la raison, la constitution et la détermination de l'architecture à partir d'un trait très familier : le trait droit. C'est en prenant appui sur l'étrangeté du trait droit et en suivant son tracé que le texte avance néanmoins et tente de traverser les interrogations fondamentales de l'architecture sous un jour autre. Au bout de cette coupe droite c'est le sujet humain qui essaye de se dire.