Dans le contexte post-migratoire, cet article examine l’écriture autobiographique en tant que vecteur de construction identitaire, littéraire et sociale. Il analyse comment cette forme narrative permet aux individus de se situer dans les trajectoires migratoires postcoloniales, tout en préservant une mémoire souvent marginalisée dans les récits institutionnels. L’étude porte sur deux récits autobiographiques de Souad Fila, autrice belge issue de l’immigration post-migratoire, dont l’écriture à la première personne, conforme au pacte autobiographique tel que défini par Philippe Lejeune, repose sur une subjectivité affirmée et un ancrage dans l’expérience vécue. En rejetant toute forme de fiction, elle revendique une parole située, en réponse à l’invisibilisation persistante de certaines trajectoires migratoires. À travers une exploration de l’histoire familiale sur plusieurs générations, ses récits mettent en lumière les défis rencontrés par les femmes issues de l’immigration postcoloniale et révèlent les dynamiques de transmission intergénérationnelle qui façonnent les identités contemporaines.
El Makrini, N. (2025). Réappropriation narrative de l’expérience migratoire chez Souad Fila : dynamiques de résilience et de transmission. Textyles : revue des lettres belges de langue française, 68 (2025), 87-102. https://doi.org/10.4000/14rms (Original work published 2025)