Dans ce texte, nous défendons la thèse que, pour rester un objet de philosophie du langage ou d’analyse linguistique, le perlocutoire ne doit pas être compris de manière trop extensive. Nous commençons par analyser le risque que pourrait constituer une certaine analyse du perlocutoire comme relevant de la philosophie de l’action en général ou, plus précisément, d’une philosophie de l’action qui ne serait plus celle d’une action réalisée dans et par le langage. Puis nous exposons plus positivement ce qui nous semble être le cœur d’une analyse du perlocutoire qui serait austinienne et satisfaisante – sa relative marginalisation dans les travaux d’Austin tiendrait à des raisons qui ne seraient pas toutes contingentes : elle devrait être liée au caractère crucial de la stratification de la théorie des actes de parole, dont les différences de niveau sont celles de nos différents types de responsabilité.
Roux, J.-M. (2021). Pourquoi le perlocutoire est un acte de parole. In Sandra Laugier et Daniele Lorenzini (dir.) (ed.), Perlocutoire. Normativités et performativités du langage ordinaire (p. p. 89-1000). Mare et Martin.