Faire écrire les élèves n’est pas simple, car il s’agit pour l’enseignant non seulement de soutenir les scripteurs dans leurs productions, mais aussi d’assumer les corrections, accompagnées, parfois, d’un sentiment de découragement tant la tâche d’analyse de l’ensemble est ardue et/ou la sensation que les élèves n’ont pas investi les apprentissages réalisés en classe présente. Mais l’enseignant doit-il porter seul la correction des écrits intermédiaires des élèves ? La correction par les pairs, dans une perspective collaborative, en ce qu’elle permet de doter les élèves de capacités d’analyse critique des écrits apparait comme une alternative non seulement (et même subsidiairement) destinée à soulager l’enseignant de toutes les analyses de copies, mais surtout propice à inscrire les tâches d’écriture et de lecture dans une perspective réellement interactive. Ainsi avons-nous investigué les effets de cette « relecture collaborative », identifiée comme un temps où les élèves, en sous-groupes, sont amenés à discuter et commenter les textes d’un autre sous-groupe. Plus précisément, nous nous sommes demandé ce que font les élèves, tant des conseils qu’ils reçoivent, que de ce dont ils discutent avec leurs pairs. Pour répondre à cette question, nous avons analysé les données recueillies dans une classe d’élèves de 11-12 ans qui ont écrit une critique de bande dessinée, et avons choisi de suivre spécifiquement le cas d’un sous-groupe.
Colognesi, S., & Deschepper, C. (2018). La relecture collaborative comme levier de réécriture et de soutien aux corrections des textes. Le français aujourd’hui, 203(4), 63-72. https://hdl.handle.net/2078.5/123651 (Original work published 2018)